Pour marquer cette volonté d’une Europe culturelle élargie, des réunions des ministres de la Culture de l’UE mais aussi des Balkans, de mer Noire et de la Méditerranée sont prévues jeudi et vendredi à Salonique.
Salonique, qui succède à Copenhague, est la treizième capitale culturelle de l’Europe des Quinze. L’institution a été créée en 1985 et Athènes avait été la première élue.
Côté Occident, des expositions sur Le Caravage, Goya, Max Ernst se succéderont. Des troupes et des metteurs en scène prestigieux sont annoncés ou prévus, de la Comédie française au Britannique Peter Brook, en passant par l’Allemand Peter Stein. Le Théâtre royal de Londres, l’Opéra de Vienne sont attendus. Les masques du carnaval de Venise seront également présents avec des spectacles de rues.
Côtés Balkans et Europe centrale, le grand écrivain albanais Ismaïl Kadaré lira des passages de son œuvre au cours d’une soirée, en février. L’Opéra de Bucarest se produira et des expositions d’art bulgare et yougoslave sont à l’affiche. L’Opéra de Belgrade présentera en première mondiale «Antigone» du Grec Mikis Théodorakis.
Les ballets de Saint Pétersbourg donneront une œuvre du chorégraphe russe Boris Eifman tandis que Yehudi Menuhin est attendu en mai pour diriger l’orchestre de Lituanie.
La Grèce sera bien sûr au cœur de ces manifestations. Son histoire d’abord avec des séminaires et conférences sur Alexandre le Grand. Son art religieux ensuite, avec une manifestation unique consacrée aux trésors du Mont Athos, le sanctuaire de l’orthodoxie.
Les trésors des moines
Pour la première fois, les moines vont laisser sortir enluminures précieuses et icônes miraculeuses conservées dans les vingt monastères de la «Sainte Montagne». Ces trésors seront visibles par tous, même par les femmes auxquelles le mont Athos est interdit.
Pour accueillir toutes ces manifestations, Salonique (ou Thessalonique) «va faire peau neuve» mais le calendrier des travaux sera difficile à tenir. Le ministre grec de la Culture, Evangélos Vénizélos, a demandé la «compréhension de tous pour les retards» pris par les 200 chantiers en cours. Les travaux ne prendront fin, si tout va bien, qu’en janvier 1998.
Parmi les restaurations prévues figurent celles du musée de la présence juive, de la mosquée «Yeni», de l’église arménienne de Panaghia et de la casa Bianca, domicile de Dino Fernandez Dias, un riche juif sépharade dont la famille fut exterminée par les nazis comme la quasi totalité des 50.000 juifs de Salonique.
Une soirée musicale consacrée aux compositeurs juifs est la seule manifestation du programme officiel évoquant la dimension juive de cette ville.
Cette maigre présence a provoqué les critiques des responsables de la communauté israélite. Malgré les assurances, explique son président Andréas Séphiha, il n’y a que cette seule manifestation. «Nous allons en programmer d’autres de notre propre initiative», assure-t-il en annonçant la tenue, fin octobre, à Salonique, d’une conférence des Communautés juives d’Europe.
Aucune manifestation commémorant la naissance à Salonique, en 1881, de Mustapha Kemal Ataturk, le fondateur de la Turquie moderne, n’est par ailleurs signalée jusqu’ici dans le programme officiel de «la capitale culturelle». En revanche, la participation de la Turquie est annoncée.


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