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Actualités - Chronologie

Les algériens de Marseille impuissants face au cauchemar de l'autre côté

MARSEILLE (France), 26 Janvier (AFP). — La communauté algérienne de Marseille, la métropole du sud de la France, semble suivre dans un état second la vague de violence, sans précédent, qui meurtrit l’Algérie depuis le début du Ramadan, le 10 janvier.
Témoins du cauchemar vécu par leurs concitoyens, de l’autre côté de la Méditerranée, les Algériens de Marseille considèrent ces événements avec sentiment d’impuissance, mêlé de rage et d’incompréhension.
«La seule chose dont nous sommes tous sûrs, c’est que jamais l’islam n’a prôné une telle horreur. Les musulmans ne sont pas tous des égorgeurs et des violents», déclare Nacera Ben Marnia, présidente de l’Union des familles musulmanes du département des Bouches-du-Rhône.
Entre deux repas, servis le soir aux plus démunis pendant la période du Ramadan, dans un restaurant de grande avenue de la Canebière, Nacera avoue ne pas y voir très clair. «Tout le monde là bas fait n’importe quoi au nom de n’importe quoi», estime-t-elle.
«Désespérée» et «désemparée», elle cherche un moyen de «formaliser» son désaccord tout en ressentant un sentiment de «culpabilité» envers les «frères algériens», qui sont «de l’autre côté», alors qu’elle-même se trouve «à l’abri».
A l’instar du Grand mufti de la mosquée de Marseille, Soheib Bencheikh, personne ne se reconnaît «dans ce Dieu qui autorise ces bains de sang».
Cette «crise psychiatrique», comme la définit un avocat algérien, déboussole, mais engendre aussi une crainte de représailles, ce qui rend beaucoup d’Algériens prudents dans leurs commentaires.
Un avocat de 37 ans, vivant en France depuis trois ans après avoir été haut magistrat dans son pays, «préfère qu’on l’oublie». «Aujourd’hui en Algérie il suffit qu’on ait exercé un pouvoir pour qu’on vous exécute, c’est un tourbillon de terreur», explique-t-il, en demandant l’anonymat car il craint pour ses parents restés en Algérie. «Même en France, qui est pourtant un pays de liberté, on est bâillonné. Je mène une vie de moine. On ne sait pas qui est qui», ajoute-t-il.

Le silence des
intellectuels


«Qu’on nous assure que nos familles seront protégées et nous serons capables de descendre dans la rue», affirme Rachid, un artiste-peintre de 47 ans, qui se «désole du silence assourdissant des intellectuels français qui pourtant avaient pris position dans d’autres conflits comme celui de la Bosnie». Le Grand mufti s’avoue également «très affecté» par «le silence des autorités religieuses tant en France qu’en Algérie».
«Je voudrais que tout le monde pousse un cri, qu’on enlève les œillères», ajoute Rachid, en dénonçant ces silences de «peur et de lâcheté» qui deviennent «complices».
MARSEILLE (France), 26 Janvier (AFP). — La communauté algérienne de Marseille, la métropole du sud de la France, semble suivre dans un état second la vague de violence, sans précédent, qui meurtrit l’Algérie depuis le début du Ramadan, le 10 janvier.Témoins du cauchemar vécu par leurs concitoyens, de l’autre côté de la Méditerranée, les Algériens de Marseille considèrent ces événements avec sentiment d’impuissance, mêlé de rage et d’incompréhension.«La seule chose dont nous sommes tous sûrs, c’est que jamais l’islam n’a prôné une telle horreur. Les musulmans ne sont pas tous des égorgeurs et des violents», déclare Nacera Ben Marnia, présidente de l’Union des familles musulmanes du département des Bouches-du-Rhône.Entre deux repas, servis le soir aux plus démunis pendant la période du...