«Nous avons mis fin à notre sit-in de protestation à la cathédrale de Moyongdong et nous nous rendons dans un lieu public pour intensifier notre lutte», a déclaré le chef charismatique de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), M. Kwon Young-Kil.
M. Kwon a expliqué à la presse que lui-même et d’autres dirigeants du syndicat comptaient poursuivre leur action au siège de cette organisation illégale mais tolérée, dans la capitale sud-coréenne.
La KCTU qui revendique quelque 500.000 membres était en pointe des mouvements de grèves qui ont secoué la Corée du Sud depuis l’adoption le 26 décembre en catimini au Parlement d’une nouvelle loi sur le travail qui facilite les licenciements, autorise le remplacement des grévistes par des intérimaires et l’allongement de la durée du travail.
Le dirigeant syndical a une nouvelle fois invité le gouvernement à abroger la loi controversée avant le 18 février, la KCTU ayant dans le cas contraire l’intention de lancer une nouvelle grève générale illimitée, a-t-il dit.
La nouvelle loi doit entrer en vigueur le 1er mars, mais le président sud-coréen Kim Young-Sam a annoncé mardi à l’opposition qu’il était d’accord pour son réexamen au Parlement.
Le chef de l’Etat a en même temps annoncé la suspension des poursuites engagées contre les dirigeants syndicaux.
M. Kwon a par ailleurs rencontré vendredi le patriarche de Corée, le cardinal Stephen Kim, pour le remercier pour l’hospitalité donnée par la cathédrale de Myongdong. Il devait plus tard dans la journée assister à une messe dans la cathédrale pour exprimer sa gratitude.
Recherchés par la police, sept chefs de la KCTU s’étaient réfugiés dans des tentes de fortune dans l’enceinte de la cathédrale, berceau du catholicisme coréen et symbole dans les années 80 du mouvement démocratique dans la péninsule.
Le cardinal Kim est quant à lui une grande autorité morale en Corée du Sud. La police pouvait difficilement donner l’assaut à l’intérieur de la cathédrale de Myongdong située dans le cœur commerçant de la ville sans provoquer un tollé dans le pays.
La loi sur le travail ainsi qu’une loi sur la Sécurité nationale ont été adoptées en sept minutes en séance de nuit au Parlement sans la présence de l’opposition.
A l’origine de la dernière vague d’agitation sociale dans le pays, cette méthode a aussi suscité de nombreuses condamnations à l’étranger.


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