Depuis plus d’une semaine, une psychose s’est emparée de nombreux Ghanéens, convaincus que certains esprits malfaisants peuvent faire disparaître ou rétrécir leur sexe. Onze personnes accusées d’avoir exercé ces pouvoirs ont ainsi été lynchées ou brûlées.
Plus d’une dizaine d’autres personnes ont, en revanche, été arrêtées pour avoir propagé ces rumeurs et entraîné le lynchage de ceux qu’ils accusaient à tort.
Moro Anaba, un chômeur de 31 ans, avait désigné un homme qui lui avait donné un coup d’épaule en l’accusant d’avoir rétréci ses organes génitaux. La foule, attirée par ses cris, a forcé l’accusateur à se déshabiller, découvrant ainsi que son sexe était intact.
La foule s’est alors emparée d’Anaba, pour le frapper violemment, avant qu’un chauffeur de taxi ne lui porte secours et le conduise à un poste de police. Moro Anaba doit être poursuivi par la justice.
D’autre part, deux des victimes des lynchages de la semaine dernière ont été enterrées à Odorkor, dans la banlieue d’Accra, dans un climat de colère et de pitié.
Ebenezer Kwapong, 39 ans, employé de la compagnie d’aluminium Volta, et son cousin, Daniel Lamptey, tous deux pères de famille, avaient été battus à mort et brûlés après avoir été faussement accusés par deux adolescents d’avoir provoqué la disparition de leurs organes génitaux.
L’incident s’était produit dans un bus, et le chauffeur, refusant de s’arrêter aux stations, était allé directement à la gare routière où il avait donné l’alarme.
Les deux adolescents ont été placés en garde à vue. Selon la police, le chauffeur pourrait également être poursuivi.

