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Actualités - Chronologie

Les hommes d'affaires recommencent à rêver sur l'Irak

BAGDAD, 23 Janvier (AFP). — Il faut d’abord traverser 1.000 kilomètres de désert puis trouver son chemin dans la politique irakienne et l’écheveau des réglementations de l’ONU: le parcours des hommes d’affaires est difficile en Irak mais ils se battent déjà pour la réouverture commerciale du pays.
Depuis la fin 1996, l’Irak a pu reprendre quelques relations commerciales avec l’étranger après six ans d’embargo total.
Après son acceptation de la résolution de l’ONU dite «pétrole contre nourriture», l’Irak a été autorisé à exporter pour 2 milliards de dollars de pétrole sur six mois. Et à acheter, une fois déduits les frais de l’ONU et les réparations de guerre (700 millions USD), vivres et médicaments pour sa population qui vit au régime des tickets de rationnement depuis 1990.
Au delà, c’est une levée totale de l’embargo à la fin 1997 dont rêvent les hommes d’affaires attirés à Bagdad.
Après la guerre avec l’Iran, l’invasion du Koweit et l’embargo, «il y a 20 ans de travail ici, des marchés dans les télécommunications, le réseau ferré, la production d’énergie, le traitement de l’eau», selon un diplomate occidental.
Dans le pétrole, l’Irak veut doubler sa capacité de production en six ans, attisant les convoitises des grandes compagnies pétrolières.
Depuis plus d’un an, les missions se succèdent: Turcs, Italiens, Grecs, Français, Nigérians, Canadiens et Allemands.
Quant aux Américains, ils «étaient ici voilà trois mois», affirme le ministre du Commerce Mohammed Mehdi Saleh à une délégation d’hommes d’affaires français en visite cette semaine à Bagdad.
Les Japonais font des dons pour préparer leur entrée. Les Italiens très actifs ouvrent une section d’intérêts, les Espagnols vont rouvrir leur ambassade et les Chinois s’intéressent au pétrole.
Et pourtant la route est longue jusqu’au contrat. Pour les Occidentaux, elle commence par 1.000 kilomètres de désert qui sépare Amman de Bagdad, 15 heures de taxi. L’embargo interdit tous les vols.

Parcours d’obstacles

Il faut ensuite accomplir le parcours d’obstacles de la résolution de l’ONU: figurer dans la liste des produits de première nécessité, séduire le gouvernement irakien puis obtenir le feu vert de l’ONU. Les premiers chargements n’arriveront qu’en mars en Irak.
Plusieurs entreprises contournent l’embargo en vendant des marchandises à des intermédiaires installés en Jordanie ou à Dubaï qui se chargent ensuite de la contrebande jusqu’en Irak, expliquent des hommes d’affaires occidentaux. Elles prennent des risques «car on ne trouve pas toujours en face des gens solvables», selon l’une d’elles.
Une fois l’embargo levé, le commerce sera libre. Mais il faudra alors régler le problème des impayés d’avant la guerre pour que les nouveaux contrats soient assurés. A la France, l’Irak a laissé une ardoise de plus de 20 milliards FF (4 mds USD).
Dans cette lutte pour le marché irakien, la carte politique est maîtresse. La France, qui a plaidé pour l’assouplissement de l’embargo, se voit récompensée. Saddam Hussein «nous a donné instruction de privilégier les sociétés françaises», affirment ses ministres. La plupart des grands contrats remontent jusqu’à lui, selon les milieux d’affaires à Bagdad.
Dans le décompte irakien, les Français viennent en tête des contrats à venir. «Ils se sont qualifiés pour 200 M USD (blé, sucre, farine, lait) et auront in fine 50% du total», promet le ministre du Commerce. Les Australiens, les Chinois, les Malaisiens, les Russes, les Suisses, les pays arabes sont aussi du nombre.
Quant aux Américains, ils sont loin d’être totalement boycottés: les compagnies américaines se sont taillé la part du lion dans les premiers contrats d’achat de pétrole.
BAGDAD, 23 Janvier (AFP). — Il faut d’abord traverser 1.000 kilomètres de désert puis trouver son chemin dans la politique irakienne et l’écheveau des réglementations de l’ONU: le parcours des hommes d’affaires est difficile en Irak mais ils se battent déjà pour la réouverture commerciale du pays.Depuis la fin 1996, l’Irak a pu reprendre quelques relations commerciales avec l’étranger après six ans d’embargo total.Après son acceptation de la résolution de l’ONU dite «pétrole contre nourriture», l’Irak a été autorisé à exporter pour 2 milliards de dollars de pétrole sur six mois. Et à acheter, une fois déduits les frais de l’ONU et les réparations de guerre (700 millions USD), vivres et médicaments pour sa population qui vit au régime des tickets de rationnement depuis 1990.Au delà, c’est...