Selon le quotidien gouvernemental «Al-Soudan al-Hadith», «des dommages ont été infligés à l’ennemi dans des combats qui ont éclaté sur tous les axes du front».
Le gouverneur de l’Etat du Nil bleu, Babikr Jaber Keballo, a affirmé à «Al-Sudan al-Hadith» que les troupes gouvernementales avançaient dans la région, «poussant l’ennemi à la retraite». «Des milliers de combattants lourdement armés», venus de différentes régions du Soudan, sont arrivés sur le front pour participer à l’effort de guerre, selon lui.
L’Alliance nationale démocratique (AND, qui regroupe l’opposition nordiste et la guérilla sudiste) a lancé une offensive le 12 janvier et s’est emparée des villes frontalières de Kurmuk et Qeissan. Elle contrôle environ 2.000 kilomètres carrés, soit 15% de l’Etat du Nil bleu — à quelque 500 kilomètres au sud-est de Khartoum —, et affirme avoir tué 1.260 soldats soudanais du 12 au 16 janvier.
L’AND se trouve à 60 km de la ville de Damazin où se trouve la centrale électrique alimentant Khartoum. Damazin est cependant bien défendue, disposant de 6.000 soldats de l’armée de terre, une brigade blindée et une base aérienne.
En fait, l’opposition ne pense pas conquérir tout le pays par les armes. Un responsable de l’AND, le général Abdel Rahman Saïd, a affirmé mercredi au Caire que les opérations ne visaient pas à «libérer tout le Soudan» mais à «exercer des pressions militaires sur le régime de Khartoum en vue de préparer le terrain à un soulèvement».
«Les opérations qui se déroulent actuellement dans l’est du Soudan visent à encourager la population au soulèvement, notamment à Khartoum, pour renverser le régime», a pour sa part déclaré le porte-parole au Caire de l’AND, M. Farouk Abou Eissa, lors d’une conférence de presse.
Par ailleurs, des centaines d’opposants ont été arrêtés ces derniers jours au Soudan, selon l’Organisation soudanaise des droits de l’homme (OSDH).
Le régime islamiste soudanais continue pour sa part d’affirmer que l’Ethiopie et l’Erythrée sont impliqués dans les combats, ce que les deux pays démentent.
Mercredi, «Al-Sudan al-Hadith» a rapporté que «des documents éthiopiens, dont des cartes d’identité et de la monnaie éthiopienne, ont été trouvés dans les poches des soldats tués, prouvant l’implication de forces tigréennes» (ethnie au pouvoir en Ethiopie).
Enfin, le président de l’AND, Mohammad Osmane Mirghani, a appelé les pays arabes à ne pas répondre favorablement aux appels à l’aide lancés par les autorités de Khartoum.
«Nous appelons nos frères dans le monde arabe à appuyer la lutte du peuple soudanais» face au régime et «à l’empêcher de colporter ses mensonges dans les médias et institutions arabes», a-t-il dit.


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