PARIS, 21 Janvier (Reuter). —Le nombre de transactions dans l’immobilier ancien à Paris a progressé en 1996, grâce à une accélération à la fin de l’année, alors que les prix semblent connaître un début de stabilisation, annonce mardi la Chambre des notaires.
«L’année 1995 avait été la plus mauvaise avec 25.000 transactions. En 1996, nous pensons qu’elles se situeront entre 30.000 et 31.000», a dit Gilles Oury, responsable de la cellule de conjoncture, lors d’une conférence de presse.
La Chambre des notaires considère que «l’activité normale est de 40.000 mutations par an», a-t-il ajouté.
Pour lui, l’annonce de la non-reconduction pour 1997 de l’abattement de 35% des frais de mutation a incité les acquéreurs potentiels à anticiper leur décision d’achat. La mesure a été prorogée jusqu’au 1er février 1997.
André Guyot, président de la Chambre des notaires, a expliqué que cette disposition n’avait eu «aucun effet» au cours de sa première année d’application «d’autant qu’elle fut annoncée en même temps que le relèvement de deux points de la TVA, ce qui ne pouvait que brouiller le message».
«Ce n’est qu’à l’annonce de sa suppression que le public a pris conscience de son existence et que le mouvement tant attendu de reprise du marché s’est produit», a-t-il assuré.
Le volume de transactions pour Paris et la Petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marine) a augmenté de 70% au quatrième trimestre 1996 (dont 120% pour le seul mois de décembre) par rapport au quatrième trimestre 1995, selon les chiffres provisoires de la Chambre des notaires.
Par ailleurs, les promesses de vente enregistrées au quatrième trimestre font apparaître une hausse de 48%.
S’agissant des prix, l’indice Notaire/Insee confirmé pour le deuxième trimestre 1996 s’établit à 84,5 sur Paris (15.652 FF/m2) contre 93,1 (17.254 FF/m2) au deuxième trimestre 1995, ce qui représente une baisse de 9,28% sur un an.
Taux d’intérêt bas
Le VIIe arrondissement de Paris reste le plus cher (22.077 FF/m2) malgré une baisse de 11%. Trois autres arrondissements (VIe, VIIIe et XVIe) ont un prix au m2 supérieur à 20.000 FF. Le XIXe arrondissement est le moins cher (11.506 FF/m2).
L’indice provisoire du troisième trimestre 1996 s’élève à 83,7 (15.508 FF/m2) contre 91,6 (16.972 FF/m2), soit une baisse de 8,62% sur un an, selon la Chambre des notaires.
Le recul est de 0,89% au troisième trimestre 1996 par rapport au 2e trimestre. Pour les trois trimestres précédents, la baisse avait été respectivement de -2,61%, -1,79% et -1,46%, selon la Chambre des notaires. Elle souligne que «les volumes tirent les prix», ce qui explique ce début de stabilisation.
«Cette stabilité ne sera durable que si nous n’avons pas une baisse des volumes en 1997. Si nous avons cinq à 10% de volume en plus, il y aura une stabilisation», a dit Gilles Oury.
Selon Catherine Carely, également chargée des études à la cellule de conjoncture de la Chambre des notaires, trois éléments militent en faveur d’une progression du marché en 1997.
«Les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas, le marché est revenu à la stabilité et les acquéreurs ne diffèrent plus leur acquisition», a-t-elle souligné.
Mais Gilles Oury a regretté que la déduction des intérêts d’emprunt pour l’immobilier ancien soit supprimée à la fin de l’année. La même mesure concernant le neuf a pris fin en 1996.
Vantant l’exemple britannique, où le marché est jugé «prospère» avec des droits de mutation de 1%, André Guyot a réclamé «une législation pérenne et une fiscalité dont l’unique objectif ne soit pas de paralyser le marché immobilier».
«J’ai déjà eu l’occasion de le dire, l’immobilier supporte encore plus mal qu’une voiture ces mouvements de «stop and go», où le pied se fait de plus en plus lourd sur la pédale de frein. L’investissement immobilier est un investissement de long terme, la règle du jeu fiscal ne doit pas changer chaque année pour ne pas dire en cours d’année», a-t-il ajouté.


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