Trois Albanais réputés proches du régime de Belgrade ont été abattus par des rafales d’armes automatiques, dans cette province de deux millions d’habitants, dont 90% sont des Albanais de souche qui réclament l’indépendance.
Deux de ces assassinats ont été revendiqués par «l’Armée de libération du Kosovo» (UCK), organisation clandestine qui a accusé ses victimes d’avoir «collaboré avec l’occupant» serbe.
Dans un message adressé à la presse albanaise locale, l’UCK a revendiqué l’assassinat d’un quatrième Albanais accusé de «trahison». Cet attentat n’a cependant été confirmé par aucune autre source.
En outre, Radivoje Papovic, le recteur serbe de l’université de Pristina (chef-lieu du Kosovo), a été grièvement blessé jeudi dans un attentat à la voiture piégée. Un millier de Serbes ont protesté samedi à Pristina contre cet acte qu’ils ont attribué aux «extrémistes albanais».
Les autorités serbes se sont empressées d’établir un lien entre ces actes terroristes et l’opposition serbe, qui manifeste à Belgrade contre l’annulation par le régime du président Slobodan Milosevic de sa victoire aux municipales du 17 novembre.
«Les terroristes albanais ont reçu pour ces attentats le feu vert de ceux qui, à Belgrade, tentent depuis deux mois de déstabiliser la Serbie», a lancé le maire de Pristina, Dusan Simic.
M. Simic a accusé en même temps Tirana de nourrir des visées sur le Kosovo, et certains «milieux internationaux» d’encourager le mouvement indépendantiste albanais.
«La dernière carte»
A Belgrade, un des leaders de l’opposition serbe, M. Vuk Draskovic, a réagi en accusant dimanche M. Milosevic de préparer une guerre civile et de jouer «sa dernière carte» en fomentant des troubles au Kosovo.
De son côté, l’Association des volontaires serbes du Kosovo a menacé les Albanais d’«une riposte adéquate» si de nouveaux attentats étaient commis.
«Ceux qui, par des actes terroristes, visent à détacher le Kosovo de la Serbie doivent abandonner leurs illusions», a fait savoir l’association, dans un communiqué cité dimanche par le quotidien indépendant Dnevni Telegraf. Celle-ci regroupe des Serbes ayant participé comme volontaires à la guerre en Croatie et en Bosnie.
Selon l’ancien dirigeant communiste albanais Mahmut Bakalli, la montée du terrorisme au Kosovo constitue un «sérieux avertissement» à la communauté internationale, qui doit «prendre des mesures urgentes pour mettre un terme à la situation insupportable» prévalant dans la province.


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