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Actualités - Chronologie

La planète compte une nouvelle ville divisée : Hébron

HEBRON (Cisjordanie), 19 Janvier (AFP). — Les dangers auxquels est confrontée Hébron, la dernière ville du monde à avoir été divisée, sont clairement apparus vendredi dernier lors des premiers heurts israélo-palestiniens après l’extension de l’autonomie à la cité des Patriarches.
Les incidents ont éclaté au moment où les fidèles musulmans ont quitté la grande prière du deuxième vendredi du mois de jeûne de Ramadan dans la mosquée Ibrahimi, dans le quartier de Hébron resté sous contrôle militaire israélien.
Des gardes-frontières israéliens, les réflexes conditionnés par 30 ans d’occupation, sont intervenus pour empêcher la foule d’approcher trop près d’une voiture conduite par une femme colon. Un Palestinien a protesté, une bagarre a éclaté et les pierres ont immédiatement commencé à pleuvoir.
Appliquant les instructions anti-émeutes, les militaires ont chargé la foule et fait évacuer le marché arabe tout proche, se faisant alors bombarder de pommes de terre, oranges et citrons.
Un millier de manifestants palestiniens sont revenus par la suite, scandant «par notre âme et notre sang, nous vengerons les martyrs». «Ezzedine», criaient des manifestants pour montrer leur soutien à la branche armée clandestine du mouvement de la résistance islamique (Hamas), le groupe Ezzedine al-Kassam.
Il y a quelques jours, cet incident aurait été à peine digne d’être mentionné. Mais après la passation des pouvoirs effectuée entre Israël et l’Autorité palestinienne, Hébron n’est plus tout à fait la même ville.
La cité des Patriarches est maintenant divisée en deux parties. L’une, représentant les quatre cinquièmes du territoire municipal, est passée sous contrôle de la police palestinienne, à l’instar des sept autres grandes villes de Cisjordanie.
Mais l’autre partie, dans le centre et l’est de la ville, reste sous occupation militaire israélienne. C’est là que se trouve la mosquée Ibrahimi, révérée aussi par les juifs sous le nom de caveau des Patriarches, et les maisons où vivent les 400 colons. Dans ce quartier «israélien» vivent aussi 15.000 Palestiniens. Pour eux, rien n’a changé.
Entre les deux parties de la ville passe désormais une frontière, invisible mais bien présente dans la tête des habitants.
L’un des manifestants présents vendredi, Jihad Michal, 17 ans, a ainsi souligné: «Je suis là pour montrer qu’il n’y a qu’un Hébron, pas deux». «Cette terre est palestinienne», a-t-il affirmé.
Des Palestiniens étaient furieux de voir que leur récente liberté était si limitée. «Comment peut-on parler de paix s’il n’y a pas de respect», s’est plaint Ayman Kadouri, 23 ans. «Regardez comment ils nous traitent, comme des animaux», dit-il.
«Nous sommes tellement fatigués de tout ça, nous nous sommes plaints quotidiennement. Nous voulons une vraie justice, une vraie paix», affirme un Palestinien qui vit dans le quartier toujours occupé, Idris Zahadeh.
Zahadeh s’adressait à un officier israélien qui n’a voulu donner que son prénom, Motti. Il a tenté de rassurer le Palestinien en recourant à un proverbe hébreu.
«Ce que la logique ne peut pas accomplir, le temps le fera», a affirmé Motti. «Si tu es patient et respectes la loi, tu verras que ça marche. Vous voulez vivre dans la paix et la coexistence, et nous aussi».
HEBRON (Cisjordanie), 19 Janvier (AFP). — Les dangers auxquels est confrontée Hébron, la dernière ville du monde à avoir été divisée, sont clairement apparus vendredi dernier lors des premiers heurts israélo-palestiniens après l’extension de l’autonomie à la cité des Patriarches.Les incidents ont éclaté au moment où les fidèles musulmans ont quitté la grande prière du deuxième vendredi du mois de jeûne de Ramadan dans la mosquée Ibrahimi, dans le quartier de Hébron resté sous contrôle militaire israélien.Des gardes-frontières israéliens, les réflexes conditionnés par 30 ans d’occupation, sont intervenus pour empêcher la foule d’approcher trop près d’une voiture conduite par une femme colon. Un Palestinien a protesté, une bagarre a éclaté et les pierres ont immédiatement commencé à...