LE CAIRE, 19 Janvier (AFP). — La haute cour militaire du Caire a condamné dimanche à la peine de mort quatre islamistes accusés d’avoir tué en 1993 trois policiers et blessé huit touristes autrichiens, a annoncé l’agence officielle MENA.
Il s’agit d’un médecin, Yasser Fathi Mohammed Abdel Moneïm Fawwaz, et de trois étudiants Erfan Mohammed Hussein al-Khouli, Ali Mohammed Ahmed Farhan et Yasser Abbas Soliman.
La cour a également condamné deux autres accusés aux travaux forcés à perpétuité, trois à 15 ans de travaux forcés, trois à dix ans de travaux forcés, quatre à cinq ans de travaux forcés et un à dix ans de prison.
Deux autres accusés ont été acquittés, selon l’agence. Un Palestinien, Samer Ismaïl Saleh, étudiant, fait partie de ceux condamnés à dix ans de travaux forcés.
Ces 19 militants, arrêtés en 1994, sont accusés d’appartenir à l’aile militaire de la principale organisation intégriste armée égyptienne, la Jamaa islamiya.
Ils sont accusés d’avoir commis en 1993 une série d’attentats au Caire, qui ont provoqué la mort d’un colonel des services de sûreté de l’Etat devant son domicile et d’un conscrit de police, qui assurait la garde d’un cinéma. Ils avaient également tué un conscrit de police et blessé huit autres durant une rafle policière dans la banlieue sud du Caire.
Ils ont en outre lancé un engin explosif en direction d’un autobus de touristes autrichiens en 1993, blessant huit d’entre eux ainsi que huit civils égyptiens devant la mosquée d’Amr Ibn al-As dans le Vieux Caire.
Ils avaient aussi blessé le président du Parquet militaire, le lieutenant-colonel Taha al-Sayed, dans un attentat à l’arme automatique en 1993 dans le quartier d’Héliopolis (banlieue nord du Caire).
Le Parquet avait demandé la peine de mort pour tous les accusés dans ce procès ouvert début décembre.
Les peines prononcées dimanche portent à 87 le nombre de condamnations à mort en Egypte depuis le début d’une vague de violence islamiste en 1992, dont 54 ont été exécutées.
Le président Hosni Moubarak a décidé en 1992 de déférer la majorité des procès d’islamistes devant la justice militaire, dont les verdicts sont sans appel et dont les procédures sont plus rapides que celles de la justice civile.
Début janvier, la haute cour de sûreté de l’Etat du Caire avait condamné à mort cinq islamistes accusés du meurtre en 1993 d’un haut responsable de la sécurité et de plusieurs autres personnes.

