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Actualités - Chronologie

Alexandre Lebed : même au sauna, je suis toujours un général

MUNICH (Allemagne), 17 Janvier (AFP). — Le général russe Alexandre Lebed, qui visite l’Allemagne pour tenter de donner l’image d’un homme d’Etat responsable, a choqué plusieurs fois par son style militaire et son langage fort peu civil. «L’homme a une forte personnalité mais il a du mal à cacher ce qu’il est vraiment: un militaire», commente, sous couvert de l’anonymat, l’un des responsables parlementaires avec qui Alexandre Lebed s’est entretenu à Bonn. L’ancien général, pour sa part, ne cherche pas à faire oublier ses origines.
Exclu de l’armée en 1995 pour ses prises de position politiques incessantes, ce retraité de 46 ans, qui porte désormais d’austères ensembles costume-cravate gris, reste fier de ses galons. «Dans aucun pays du monde il n’existe d’anciens généraux. Un général est toujours général, je suis général même lorsque je vais au sauna», a-t-il lancé jeudi soir, de sa voix de ténor, devant la fine fleur du monde des affaires de Dusseldorf (ouest).

Interrogé sur les risques de voir l’armée jouer un rôle dans la lutte de pouvoir au Kremlin, il a répondu en balayant la salle de son regard fixe et perçant: «Je ne comprends pas l’émotion des Occidentaux quand on parle de l’arrivée au pouvoir d’un général. La France a eu le général de Gaulle et les Etats-Unis Eisenhower, qui ont été des hommes politiques respectés. Un général a l’habitude professionnelle des responsabilités écrasantes. Un général est capable de gouverner».

Son image de militaire peu familier du discours diplomatique, l’ancien conseiller du président Boris Eltsine pour les affaires de sécurité l’a renforcée en Allemagne par quelques formules martiales lancées dans ses conférences.

«Quand on voit un danger, on prend son sabre et on barre la route», dit-il à propos de la corruption. «Rit le dernier celui qui a tiré le premier» ajoute-t-il pour expliquer sa stratégie présidentielle. Et pour qualifier l’Etat de droit qu’il souhaite instaurer en Russie, il choisit l’expression «dictature de la loi».

«Son style direct est à l’origine de son succès en Russie», explique l’un des quatre conseillers qui l’accompagnent en Allemagne, «lorsqu’il parle de dictature de la loi, les gens en Russie le comprennent bien. Ce serait une erreur de changer».
«En fait, la forme est chez lui beaucoup plus militaire que le fond», assure avec indulgence un autre de ses interlocuteurs allemands, qui se dit cependant «plus impressionné par son charisme que par ses conceptions politiques».

Car s’il promet de redresser l’économie russe, de mettre un terme à la corruption et d’éliminer la mafia, Alexandre Lebed reste très discret sur les méthodes qu’il compte employer. Interrogé sur ses convictions démocratiques, il répond inlassablement qu’il «n’y a jamais eu de démocrates en Russie, et que ceux qui se disent démocrates sont des menteurs».
Reste que sa réputation d’homme politique le plus populaire de Russie a au moins valu à Alexandre Lebed d’être pris au sérieux à Bonn.

«Le monde politique de Bonn le salue presque avec emphase, notait vendredi le quotidien Die Welt, et non en cachette et honteusement comme le chef du parti communiste russe Guennadi Ziouganov l’année dernière. On se fait photographier avec lui».

Ce «simple citoyen russe», comme il se qualifie lui-même, qui n’occupe aucune fonction officielle et n’est plus député, a été reçu par tous les chefs de groupes parlementaires, à l’exception des communistes réformateurs.
La visite d’Alexandre Lebed en Allemagne est la troisième de sa vie en Occident. Jusqu’au mois d’octobre 1996, le seul pays qu’il avait visité hors de l’ex-Union soviétique était l’Afghanistan. Comme officier pendant la guerre.
MUNICH (Allemagne), 17 Janvier (AFP). — Le général russe Alexandre Lebed, qui visite l’Allemagne pour tenter de donner l’image d’un homme d’Etat responsable, a choqué plusieurs fois par son style militaire et son langage fort peu civil. «L’homme a une forte personnalité mais il a du mal à cacher ce qu’il est vraiment: un militaire», commente, sous couvert de l’anonymat, l’un des responsables parlementaires avec qui Alexandre Lebed s’est entretenu à Bonn. L’ancien général, pour sa part, ne cherche pas à faire oublier ses origines.Exclu de l’armée en 1995 pour ses prises de position politiques incessantes, ce retraité de 46 ans, qui porte désormais d’austères ensembles costume-cravate gris, reste fier de ses galons. «Dans aucun pays du monde il n’existe d’anciens généraux. Un général est...