FRANCFORT, 16 Janvier (Reuter). — Le président de l’Office allemand du Travail, Bernhard Jagoda, a présenté à la presse une série de propositions qui devraient permettre à l’Allemagne de créer deux millions d’emplois d’ici à l’an 2000 puis 500.000 emplois supplémentaires d’ici 2005.
Bonn s’est fixé pour objectif de réduire le taux de chômage de moitié d’ici l’an 2.000, ce que la plupart des économistes indépendants et certains grands responsables d’entreprises ont jugé totalement irréaliste. Le pays comptait le mois dernier quelque 4,1 millions de demandeurs d’emploi.
Les propositions de l’Office du travail s’inscrivent sur quatre axes distincts, a précisé mardi soir Bernhard Jagoda.
En premier lieu, a-t-il dit, les salaires de ceux qui sont actuellement en activité ne devraient pas progresser plus vite que l’inflation au cours des toutes prochaines années.
Deuxième point, une partie des heures supplémentaires devrait être transformée en nouveaux emplois.
«On ne peut pas convertir toutes les heures supplémentaires en postes nouveaux, car une saine économie a besoin d’une certaine quantité de travail en heures supplémentaires, mais environ 40% de ces heures devraient être transformées en nouveaux emplois», a indiqué le président de l’Office du travail.
Troisième proposition, les charges salariales annexes supportées par les entreprises devraient être allégées d’un pour cent en deux temps, ce qui permettrait de limiter l’un des obstacles actuels à l’embauche, a assuré Bernhard Jagoda.
Enfin, il a souhaité que le gouvernement augmente ses investissements lorsqu’il sera parvenu cette année à réduire les déficits publics pour respecter les critères de l’Union monétaire (UEM).
Il s’est toutefois empressé de préciser qu’il ne voulait pas donner l’impression que les pays candidats à l’UEM pourraient renoncer à la discipline budgétaire une fois qu’ils auraient satisfait à ces conditions pour 1997, l’année prise comme référence dans le traité de Maastricht.
«Je sais bien que Maastricht ce n’est pas seulement 1997, a déclaré Bernhard Jagoda. 1997 n’est que le commencement».
Par ailleurs, le ministre allemand des Finances, Theo Waigel, a révisé à la hausse mercredi le montant définitif du déficit budgétaire fédéral pour 1996 le fixant à 78,3 milliards de marks, soit un dépassement de 18,4 milliards par rapport à l’objectif initial.
Les dépenses de l’Etat fédéral se sont élevées à 455,6 milliards de marks en 1996, contre 451,3 milliards prévus initialement, a annoncé Waigel dans un communiqué.
Le déficit fédéral englobe toutes les dépenses du gouvernement de Bonn mais ne comprend pas les dépenses des Länder — Etats régionaux — et des municipalités.
Révision à la hausse
du déficit général
Par ailleurs, le ministre allemand des Finances, Theo Waigel, a révisé à la hausse mercredi le montant définitif du déficit budgétaire fédéral pour 1996, le fixant à 78,3 milliards de marks, soit un dépassement de 18,4 milliards par rapport à l’objectif initial.
Les dépenses de l’Etat fédéral se sont élevées à 455,6 milliards de marks en 1996 contre 451,3 milliards prévus initialement, a annoncé Waigel dans un communiqué.
Le déficit fédéral englobe toutes les dépenses du gouvernement de Bonn mais ne comprend pas les dépenses des Länder — Etats régionaux — et des municipalités.
Theo Waigel a indiqué que le déficit total du secteur public allemand en 1996 se montait à 3,9% du PIB.
Le communiqué du ministre des Finances ne précise pas si ce dernier pense pouvoir ramener cette année le déficit en-deça de trois pour cent, limite fixée par le traité de Maastricht pour pouvoir intégrer l’Union économique et monétaire en janvier 1999.
Theo Waigel déclare que ce «résultat défavorable» résulte de la faiblesse de la croissance économique, limitée à 1,4% l’année dernière.
Tant le gouvernement allemand que les six grands instituts de recherche du pays avaient tablé sur une croissance de 2,5% en 1996 et c’est sur cette estimation trop optimiste que le budget de l’année dernière avait été fondé.
La hausse du chômage en Allemagne a obligé l’Etat à débourser 17 milliards de marks de plus que prévu au titre des allocations de chômage, alors que les recettes fiscales baissaient dans le même temps de 17 milliards de marks.
Ces charges supplémentaires n’ont pu être que partiellement compensées par la réduction des dépenses publiques et le plan d’austérité, a expliqué Waigel.92

