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Actualités - Chronologie

Bagdad, ce n'est pas gai, à Bassorah, c'est pire...

BASSORAH (Irak), 16 Janvier (AFP). — «Bagdad ce n’est pas gai, mais essayez d’aller voir le sud»: prononcée avec amertume par un responsable de l’ONU, cette phrase donne un avant-goût de la vie à Bassorah, mythiquement située près du Paradis terrestre, aujourd’hui oubliée du monde.
La vie est comme suspendue dans cette cité pétrolière de plus d’un million d’habitants, entourée de palmeraies, sise sur le Chatt al-Arab, au confluent du Tigre et de l’Euphrate, au nord du Golfe persique.
Le calme règne à Bassorah la Chiite, qui a subi les pires bombardements lors des deux guerres du Golfe (contre l’Iran et le Koweït), et qui s’était révoltée contre Saddam Hussein juste après sa déroute face aux armées de la coalition anti-irakienne. Les soldats irakiens sont peu présents dans les rues.
L’armée est cependant omniprésente sur les quelque 600 km de l’autoroute d’Amara, reliant Bassorah à Bagdad. Tout le long de la route, proche de la frontière iranienne, une dizaine de barrages militaires vérifient les papiers d’identité des voyageurs se rendant vers le sud.
Les rares étrangers ont besoin d’une autorisation spéciale des autorités pour aller dans cette région soumise à une interdiction de survol par la coalition anti-irakienne, s’étendant du sud de la capitale jusqu’au Golfe.
«Cette présence militaire aux abords de la route vise à prévenir les attaques des bandits qui peuvent surgir surtout la nuit», explique le chauffeur irakien d’un convoi humanitaire transportant des couvertures aux hôpitaux de Bassorah.
Bordant la corniche de Bassorah, une enfilade de statues de soldats morts durant la guerre contre l’Iran pointent un doigt accusateur contre l’adversaire persan, tout proche.
«Aujourd’hui, l’ennemi se trouve également dans nos murs. Il s’appelle pauvreté, malnutrition et chômage», affirme Mohammad, employé du Sheraton, le principal hôtel, qui a connu des jours meilleurs.
«Le chômage touche 60% de la population. Avant l’embargo, Bassorah tirait profit de son port, des industries pétrolières, du tourisme et de ses dattes. Plus rien ne reste. L’immense palmeraie qui encercle la ville a subi les effets des bombardements. Ne subsiste que le quart des deux millions de dattiers qui faisaient sa fierté», explique Michaël Nahhal, coordinateur du secours pour l’Irak du Conseil des églises du Moyen-Orient, qui connaît bien la ville et aime ses habitants comme ses enfants.
Selon lui, «la situation est bien pire qu’à Bagdad. On voit de plus en plus de mendiants, car tout le monde ne profite pas, loin de là, de l’assistance du Croissant-Rouge qui distribue gratuitement des denrées de base aux plus démunis».
Moins de la moitié de la population a droit aux services municipaux (eau et électricité), faute de pièces détachées en raison de l’embargo.
Les coupures d’électricité (entre deux à six heures par jour) sont moins fréquentes qu’il y a un an, mais sur quatre pompes de purification d’eau, une seule est en état de fonctionnement, selon la municipalité.
De fait, l’activité économique pour une grande partie de la population de Bassorah tourne autour de l’eau. Celle de la municipalité étant salée — et parfois polluée —, une multitude de gens vendent dans les rues et aux abords de la ville cette précieuse denrée pour quelque cent dinars le bidon. L’eau minérale est vendue trois fois plus cher alors que le salaire moyen d’un fonctionnaire est de 5.000 dinars (environ 3 dollars).
La situation des hôpitaux, privés de matériel médical et d’ambulances en état de marche, est catastrophique. «Nous n’avons même pas de fil chirurgical», explique le Dr Ali Faysal al-Jawad, directeur de la maternité et de l’hôpital pédiatrique de Bassorah, qui accueille de nombreux enfants souffrant de malnutrition et de maladies infectieuses.
Ghaleb Abdel Hussein Qouba, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Bassorah, met en avant la solidarité des commerçants avec la population. «Nous avons créé un fonds de bienfaisance dont bénéficient 16.000 familles dans le besoin et des étudiants», dit-il.
Interrogé, un étudiant ose toutefois répondre: «Ce ne sont que des mensonges».
BASSORAH (Irak), 16 Janvier (AFP). — «Bagdad ce n’est pas gai, mais essayez d’aller voir le sud»: prononcée avec amertume par un responsable de l’ONU, cette phrase donne un avant-goût de la vie à Bassorah, mythiquement située près du Paradis terrestre, aujourd’hui oubliée du monde.La vie est comme suspendue dans cette cité pétrolière de plus d’un million d’habitants, entourée de palmeraies, sise sur le Chatt al-Arab, au confluent du Tigre et de l’Euphrate, au nord du Golfe persique.Le calme règne à Bassorah la Chiite, qui a subi les pires bombardements lors des deux guerres du Golfe (contre l’Iran et le Koweït), et qui s’était révoltée contre Saddam Hussein juste après sa déroute face aux armées de la coalition anti-irakienne. Les soldats irakiens sont peu présents dans les rues.L’armée est...