Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi (à gauche) serrant la main de son homologue russe, Sergueï Lavrov. Photo ANI
Le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi a été reçu lundi par son homologue russe Sergueï Lavrov, à Moscou, pour un entretien focalisé sur les relations bilatérales et la situation au Liban et dans la région, secoués tous deux par des guerres successives.
En début d’entretien, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), M. Lavrov a affirmé le soutien de son pays « en faveur de la souveraineté du Liban et de l’unité et de l’intégrité de son territoire ». La Russie, selon lui, « est prête à aider le Liban dans les circonstances difficiles que traverse son peuple du fait des agressions israéliennes ».
En réponse à cette déclaration, M. Raggi a réaffirmé « l’attachement du Liban à sa souveraineté, à l’intégrité de son territoire et à la nécessité d’un retrait israélien et d’un arrêt des agressions ». Il a cependant expliqué « à quel point la situation au Liban est délicate », étant donné « le refus israélien de tout retrait ou arrêt des agressions, et celui du Hezbollah de rendre ses armes ». Il a rappelé « la détermination de l’Etat à étendre sa souveraineté sur tout son territoire et à réaliser le monopole des armes au sein de ses institutions ».
« Le Liban aspire à un rôle russe positif, étant donné le statut de la Russie au sein du Conseil de sécurité (aux Nations unies) et sa position dans la région, en faveur de la stabilité de l’Etat (libanais), du renforcement de ses institutions et du processus diplomatique (lancé par le Liban avec Israël pour mettre fin à la guerre, depuis avril, ndlr) », a-t-il ajouté.
La Russie que visite Joe Raggi aujourd’hui est connue pour sa proximité avec « l’axe de la Résistance », ayant joué un rôle déterminant, auprès de l’Iran et du Hezbollah, afin de maintenir en place l’ancien régime syrien de Bachar el-Assad, finalement tombé en décembre 2024. Le chef de la diplomatie libanaise a semblé avant tout s’adresser durant cette visite à l'allié de l’Iran et du Hezbollah, dont l’activité militaire a été décrétée illégale par l’Etat libanais depuis la reprise de la guerre avec Israël, le 2 mars. Le Hezbollah s'oppose également aux pourparlers directs avec Israël (sous parrainage américain), mentionnés par M. Raggi lors de son entretien avec M. Lavrov.
Selon l’Ani, M. Lavrov a retenu son hôte à déjeuner, au cours duquel ont été discutés plusieurs sujets « d’intérêt commun ». M. Raggi a par ailleurs « salué l’initiative russe d’accorder davantage de bourses étudiantes à des étudiants libanais » et lui a adressé une invitation à se rendre à Beyrouth.
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