Des baigneurs prennent le soleil sur les berges du canal Saint-Martin, depuis un endroit non autorisé à la baignade, alors que la France connaît une vague de chaleur à Paris, le 20 juin 2026. Photo ARNAUD FINISTRE/AFP
Après un été record de chaleur et d'incendies, plus de 250 marches et rassemblements pour le climat sont organisées samedi en France pour réclamer un plan d'urgence et des mesures fiscales, une mobilisation émaillée à Clermont-Ferrand par un accident ayant fait quatre blessés légers. Environ 260 mobilisations sont répertoriées partout sur le territoire par le site 26septembre.org, appelant à marcher « pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale ». « Nous venons vous demander des comptes », est-il écrit dans une lettre ouverte au président de la République Emmanuel Macron, publiée sur ce site, qui revendique 51.000 signatures.
Cette marche survient au sortir d'un été record en termes de chaleur en Europe occidentale, sur fond de réchauffement climatique causé principalement par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz. A Clermont-Ferrand, la marche a été interrompue par un accident: une voiture a forcé le passage dans le cortège, blessant légèrement quatre personnes. A Arras, entre 100 et 200 personnes, dont la candidate écologiste à la présidentielle Marine Tondelier, venue avec son nouveau-né Léon dans un landau, ont défilé.
« Le réchauffement climatique est là, tout le monde le voit, en particulier cet été, mais c'est enclenché déjà depuis un moment. Donc on réclame un plan d'adaptation d'urgence », a déclaré Nathalie Flautre, 70 ans, retraitée, qui a pris part à la marche organisée à Arras (Pas-de-Calais). »On a reculé sur plein de plans, c'est pour ça qu'on est là aussi, il faut se bouger », a-t-elle dit à l'AFP, en assurant que « l’écologie, ce sera primordial dans mon choix », à l'occasion de la présidentielle de mai 2027.
Jean-Paul Dallene, 56 ans, agriculteur à Oppy (Pas-de-Calais) et membre du bureau national de l'Association pour une agriculture durable (Apad), juge qu'il faut « une prise de conscience et il faut que tous les citoyens changent un peu, voire beaucoup leur mode de vie pour essayer de diminuer l'impact climatique », a-t-il déclaré à l'AFP. « Ça fait cinq ou six ans que je viens à ce type de marche. Quand j'ai changé mes pratiques sur ma ferme il y a huit ans, tout de suite, j'ai pris conscience des enjeux », a-t-il ajouté en soulignant que « le changement climatique impacte fortement l'agriculture mais l'agriculture est aussi source de solutions ».
Les promoteurs de cette journée réclament des plans d'urgence, d'adaptation, d'atténuation, financés par la taxation des superprofits des énergies fossiles et de l'industrie de l'armement, ainsi qu'un impôt sur le patrimoine des plus riches. « Rien que cet été, plus de 8.000 personnes sont décédées en France à cause de la canicule. Et au moins 500.000 hectares de forêt ont brûlé dans l'Union européenne », a affirmé la militante suédoise du climat Greta Thunberg dans un message publié sur les réseaux sociaux. « Pourtant, en ce moment même, nos responsables politiques choisissent délibérément d'aggraver encore davantage cette crise », a-t-elle ajouté, affirmant soutenir les marches en France.
A Paris un rassemblement aura lieu place de la République de 17H00 à 20H00. Plusieurs marches pour le climat ont eu lieu ces dernières années, dont une Marche du siècle en mars 2019 à laquelle plus de 300.000 personnes sur le territoire ont participé, selon les organisateurs. La ministre de la Transition écologique Monique Barbut doit rendre le 30 septembre au Premier ministre un plan d'adaptation nationale au changement climatique. Ce travail a mobilisé de nombreux ministères sur des thèmes variés (risques naturels, entreprises, agriculture, eau...) afin de « mieux se préparer pour l'été prochain » et « accélérer plus globalement notre action d'adaptation » selon le cabinet de la ministre.
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