Le patriarche maronite, Béchara Raï, le 8 avril 2026 lors d'une tournée à Kawkaba, dans le caza de Marjeyoun au Liban-Sud. Photo d'archives Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Le patriarche maronite Béchara Raï a affirmé dimanche que le « Sud n'est pas une carte de négociation », appelant à la « protection » de cette région, tout en précisant que « la protection du Liban commence par le monopole des armes aux mains de l’État », et donc le désarmement du Hezbollah.
Lors de son homélie dominicale en l'église Notre-Dame d’Ilige à Mayfouk (caza de Jbeil), le cardinal Raï a insisté sur le fait que Liban-Sud est « une terre libanaise, et que ses habitants sont des citoyens qui ont droit à la sécurité, à la vie, à la stabilité et au retour dans leurs villages et sur leurs terres », dans des propos rapportés par l'agence al-Markaziya.
Estimant que « la protection du Sud et de ses habitants est une responsabilité nationale » et que « ce qui frappe le Sud frappe le Liban tout entier », le dignitaire religieux a appelé à « mettre fin aux agressions, à préserver le territoire et les droits et à rétablir durablement la stabilité afin de permettre aux habitants de vivre dans leurs villages en sécurité et dans la dignité ».
Mgr Raï s'est, une nouvelle fois, montré favorable au processus de négociations avec Israël, qui piétine depuis plusieurs semaines, arguant que le « Liban accomplit sa mission à travers le dialogue et la défense des droits des peuples, sans devenir lui-même le théâtre de conflits qui le dépassent ». Il a affirmé soutenir « toute négociation sérieuse qui protège le Liban, lui épargne la guerre, permette le retrait [israélien] et préserve les droits, la souveraineté, la sécurité et la stabilité ».
Dans une apparente pique au Hezbollah, le parti-milice pro-iranien qui critique régulièrement l'État libanais et le rend responsable de la situation au Liban-Sud, Mgr Raï a estimé que « l’État qui assume la responsabilité de protéger les Libanais et leur territoire doit être celui qui détient le pouvoir de décision, et qu’on ne peut lui demander d’assumer cette responsabilité alors que son pouvoir de décision souverain est partagé ou incomplet ». « Un seul et même pays ne peut vivre durablement avec des décisions parallèles ou plusieurs autorités de référence sur les questions de souveraineté », a poursuivi le cardinal en allusion aux choix unilatéraux du Hezbollah d'ouvrir un « front de soutien » à Gaza en octobre 2023, puis à l'Iran en mars 2026.
L'armée israélienne mène des destructions systématiques dans les villages qu'elle occupe au Liban-Sud, sur une superficie de plus de 600 km2. Le Hezbollah n'a revendiqué aucune attaque depuis juin. Parallèlement, la voie diplomatique des négociations entre le Liban et Israël sous égide américaine piétine, sur fond de poursuite des attaques israéliennes et refus du Hezbollah de se désarmer. La dernier cycle de négociations prévu début septembre a été reporté à octobre.