Le président israélien Isaac Herzog lors d'une réunion à Nicosie, le 10 septembre 2026. Photo REUTERS/Yiannis Kourtoglou/POOL
Le président israélien Isaac Herzog a gracié samedi un ancien soldat condamné pour avoir abattu en 2016 en Cisjordanie occupée un assaillant palestinien blessé.
Elor Azaria avait été libéré de prison en mai 2018 après avoir purgé neuf mois derrière les barreaux, soit la moitié de la peine prononcée à son encontre pour homicide volontaire.
M. Herzog a déclaré qu'il avait « décidé d'accéder à la demande d'Elor Azaria » qui réclamait l'effacement anticipé de son casier judiciaire. Il « a décidé que les circonstances, le temps écoulé et le regret exprimé par Azaria justifient de lui permettre de commencer un nouveau chapitre de sa vie », indique un communiqué de la présidence.
La décision a été prise alors que Yom Kippour (le jour du Grand Pardon), qui est la fête la plus importante du judaïsme, commence dimanche soir.
Membre d'une unité paramédicale, Elor Azaria avait été filmé le 24 mars 2016 par un militant propalestinien alors qu'il tirait une balle dans la tête d'Abdel Fattah al-Sharif à Hébron en Cisjordanie occupée. Le Palestinien venait d'attaquer des soldats avec un couteau. Blessé par balles, il gisait au sol apparemment hors d'état de nuire quand Elor Azaria l'a abattu. Le soldat avait assuré lors de son procès qu'il avait craint que le Palestinien ne dissimule une ceinture d'explosifs et puisse se faire exploser, une affirmation rejetée par les juges.
L'affaire avait déchaîné les passions en Israël et mis en lumière de profondes divisions au sein de l'opinion publique entre ceux qui ont dénoncé le meurtre, dont de hauts gradés de l'armée, et ceux qui ont estimé qu'il était justifié, parmi lesquels de nombreux responsables politiques de droite.
La courte peine qu'il a purgée a également suscité des critiques. En juillet, le chef d'état-major Eyal Zamir a adressé une lettre au président Herzog indiquant que l'armée s'opposait à la demande d'effacement de casier judiciaire. « Cette position repose sur plusieurs considérations, notamment le fait que le requérant s'est abstenu d'exprimer des remords et d'assumer la responsabilité de ses actes, même une décennie après sa condamnation », a écrit M. Zamir.
« L'annulation du casier judiciaire de quelqu'un qui a éliminé un terroriste est pour moi profondément (...) réjouissante », a de son côté réagi sur X le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.