Des soldats yéménites montent la garde à l’arrivée, dans la capitale Sanaa, le 12 septembre 2026, d’un prisonnier yéménite fidèle aux autorités houthies, libéré sur la côte ouest, où lui et d’autres étaient détenus par les forces gouvernementales yéménites soutenues par l’Arabie saoudite. Photo Mohammed Huwais / AFP
Au moins 76.000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis juillet, leur nombre ayant quadruplé au cours de la semaine écoulée en raison d'une recrudescence des combats, a annoncé l'ONU samedi.
« L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) met en garde contre une crise de déplacement qui s'aggrave rapidement au Yémen, et qui évolue d'heure en heure », a déclaré l'agence onusienne dans un communiqué. « Au moins 76.000 personnes ont fui leur domicile depuis juillet (...) soit quatre fois le total de la semaine dernière, à mesure que les combats s'intensifient », a ajouté l'OIM, en estimant que ce chiffre « devrait encore augmenter dans les prochains jours ».
Après des années d'accalmie, le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, entraîné dans le conflit régional déclenché fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
La semaine dernière, les combattants houthis ont lancé une nouvelle offensive contre les forces gouvernementales, soutenues par l'Arabie saoudite, visant les zones bordant le détroit de Bab el-Mandeb sur la mer Rouge. Ce passage a gagné en importance, notamment pour les exportations saoudiennes de pétrole, depuis le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.
Ces affrontements avec les forces pro-gouvernementales ont fait des centaines de morts dans les deux camps.
Depuis juillet et l'annonce par les houthis d'un blocus maritime contre l'Arabie saoudite, « au moins 76.000 personnes ont fui leur domicile », a annoncé l'OIM, en précisant que « des familles entières sont en mouvement, souvent la nuit. Elles n'ont aucun endroit sûr où aller ».
Vendredi, l'OIM avait annoncé un chiffre de 46.000 personnes déplacées depuis la reprise des combats la semaine dernière. Le gouvernorat de Taiz (sud-ouest) est le plus affecté par les déplacements de population selon l'OIM, avec quelque 8.300 ménages - soit près de 50.000 personnes - ayant quitté des districts de cette seule province. De nombreuses familles avaient déjà été jetées sur les routes auparavant, et parfois à plusieurs reprises, au cours des douze années de conflit au Yémen, a insisté l'OIM.
« Elles sont épuisées. Elle n'ont plus aucune ressource. La plupart ont fui avec rien d'autre que les vêtements qu'elles portaient ».
Des équipes de l'OIM distribuent sur place des biens de première nécessité, dont du matériel pour des abris et des kits d'hygiène, a affirmé l'organisation, en prévenant que « les besoins dépassent de loin ce que nous pouvons fournir ».