Les drapeaux nationaux libanais (en haut) et saoudien flottent dans la capitale libanaise, Beyrouth. Photo AFP
Le ministère libanais des Affaires étrangères a condamné samedi « dans les termes les plus fermes » l’attaque ayant visé la veille l'oléoduc Est-Ouest, voie d'exportation de brut cruciale pour contourner le verrouillage du détroit d'Ormuz, dans les régions de Riyad et de Médine, en Arabie saoudite.
Dans un communiqué, le Liban a ainsi exprimé son « entière solidarité avec le royaume saoudien, ses dirigeants et son peuple, ainsi que (son) attachement à sa sécurité, à sa stabilité et à l’intégrité de son territoire, souhaitant un prompt rétablissement aux blessés ». « Le ciblage d’infrastructures et d’installations vitales civiles constitue une violation grave des principes et objectifs de la Charte des Nations unies, du droit international et du droit international humanitaire », poursuit le texte.
L'attaque a été menée depuis le territoire irakien, a confirmé Bagdad. Des groupes armés irakiens soutenus par l'Iran, déjà accusés par Riyad par le passé d'attaques sur des infrastructures pétrolières, ont nié en être à l'origine. Le Premier ministre irakien Ali el-Zaïdi a limogé peu après l'attaque le commandant militaire de la province de Missan, dans le sud du pays, les autorités ayant établi que les drones avaient été lancés depuis cette zone.
Dans ce cadre, le ministère libanais des Affaires étrangères, dirigé par Joe Raggi (Forces libanaises), a affirmé, dans une allusion à peine voilée à la décision de l'État libanais de désarmer le Hezbollah, que « la lutte contre les activités militaires menées par des acteurs non étatiques, notamment en Irak, au Liban et au Yémen, constitue un combat commun et continu, visant à permettre à ces États d’étendre leur autorité et leur souveraineté sur l’ensemble de leur territoire, par leurs seules forces ».
Les autorités saoudiennes ont annoncé vendredi la fermeture temporaire de l'oléoduc. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, Riyad a accru le recours à cet oléoduc, d'une capacité de 7 millions de barils par jour (mb/j), débouchant sur la mer Rouge à l'ouest de la péninsule arabique. Dans le cadre du conflit à l'échelle régionale, le Liban a régulièrement condamné les attaques contre le pays arabes du Golfe, dont le pays du Cèdre s'est de nouveau rapproché depuis 2025 dans la foulée de l'élection à la présidence de Joseph Aoun et la nomination du gouvernement Salam, ainsi que l'affaiblissement du Hezbollah.