Le pétrolier M/T Charminar navigue près de Terneuzen, aux Pays-Bas, le 3 septembre 2023. Le M/T CHARMINAR a été identifié dans un rapport de Marisk comme l'un des cinq pétroliers liés à l'Iran qui auraient été mis hors d'état de fonctionner par des frappes américaines le 8 septembre 2026. Alex van Herrewege/Document fourni via REUTERS
L'Iran a affirmé avoir attaqué mercredi plus d'une dizaine de navires qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz, faisant flamber les cours du pétrole, et annoncé étendre prochainement, au-delà de ce passage stratégique, la zone soumise à une autorisation de navigation.
Téhéran a justifié ces attaques par des frappes américaines mardi contre cinq pétroliers iraniens, et a de nouveau mis en garde son ennemi.
« Les actions agressives des Etats-Unis contre des navires commerciaux iraniens (...) constituent (...) une menace manifeste pour la paix et la sécurité régionales et internationales », a déclaré le ministère des Affaires étrangères, invoquant la « légitime défense ».
Les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir visé dans la région du Golfe deux bateaux américains, huit pétroliers et dix autres navires qui tentaient de passer le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février.
L'agence maritime britannique UKMTO a fait état de plusieurs navires en feu à différents endroits, sans préciser dans l'immédiat si des victimes étaient à déplorer.
Dans la soirée, la télévision d'Etat iranienne a par ailleurs rapporté une explosion d'origine inexpliquée dans le sud du pays, près du détroit.
« Nouvelle escalade »
Alors que la circulation dans le détroit était libre avant le début de la guerre, l'Iran réclame désormais des navires qu'ils obtiennent une autorisation pour franchir le détroit, une mesure rejetée par Washington et plusieurs pays de la région.
Téhéran a également annoncé dimanche la création d'ici « quelques jours » d'une « zone interdite » près de cette voie maritime. Les Gardiens ont précisé mercredi qu'elle couvrirait une partie du Golfe d'Oman et une autre en mer d'Arabie. Tout navire entrant dans cette zone sans autorisation s'exposera à des sanctions, ont-ils ajouté.
L'armée américaine, elle, impose un blocus sur les ports iraniens en réponse au verrouillage d'Ormuz.
Depuis le début de la guerre, le trafic est quasiment paralysé dans ce passage maritime stratégique, perturbant les marchés mondiaux de l'énergie et faisant régulièrement flamber les cours du brut.
Mercredi, le baril de Brent de la mer du Nord a bondi de 3,4% à 101,21 dollars, franchissant la barre symbolique des 100 dollars pour la première fois depuis juillet.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a augmenté d'autant (3,25%), à 96,05 dollars.
Téhéran énumère ses exigences
Plus de six mois après le début de la guerre avec l'Iran, Donald Trump a prédit mercredi qu'elle s'arrêterait « immédiatement après les élections » législatives de début novembre. Les Iraniens « ne peuvent pas tenir plus longtemps. Ils essaient désespérément de peser sur l'élection », a estimé le président américain.
Le Wall Street Journal rapporte cependant que les plus proches conseillers du président l'ont prévenu du risque que le conflit se poursuive encore des années, jusqu'à la fin de son mandat.
Les Gardiens de la Révolution avaient auparavant assuré que la guerre pourrait prendre fin si Washington cessait de menacer l'Iran et acceptait un certain nombre de ses demandes, parmi lesquelles le retrait de l'armée israélienne du Liban, le déblocage de milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés et « s'abstenir de toute ingérence dans les capacités nucléaires et balistiques du pays ».
Alors que la question du nucléaire iranien a cristallisé depuis des années les tensions entre l'Iran et les Occidentaux, le Center for Strategic and International Studies (CSIS), un cercle de réflexion américain, a affirmé que des travaux de construction s'étaient intensifiés depuis un an sur le mont Kolang, dans le centre de l'Iran, soupçonné d'abriter un complexe nucléaire souterrain.
Mercredi, le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a voté le renvoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité de l'ONU en raison du « non-respect » par Téhéran de ses obligations nucléaires.
Un protocole d'accord conclu en juin entre l'Iran et les Etats-Unis et visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient a volé en éclats en juillet et depuis, les négociations sont dans l'impasse.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le pays avait lancé la campagne de frappes sur l'Iran fin février avec les Etats-Unis, déclenchant la guerre, a estimé mercredi que la République islamique d'Iran était sur le point de s'effondrer.


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