Ulrich Siegmund, tête de liste du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), participe à une conférence de presse au lendemain des élections régionales en Saxe-Anhalt, à Berlin (Allemagne), le 7 septembre 2026. Photo Liesa Johannssen/Reuters
Le chancelier Friedrich Merz a tenté mercredi de reprendre la main après la lourde défaite de son camp aux élections régionales dans l'est de l'Allemagne face à l'extrême droite de l'AfD, qu'il a accusé de promouvoir un « nettoyage ethnique ».
« Le mot +remigration+ n'est rien d'autre que le synonyme d'un nettoyage ethnique en fonction de l'origine et de la couleur de peau », a-t-il déclaré lors d'un débat au Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, fréquemment interrompu par les interjections des élus de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD).
Dimanche, lors d'une élection régionale en Saxe-Anhalt, ce parti prorusse et anti-immigration a recueilli près de 44% des voix, loin devant le parti conservateur (CDU) de Merz et du ministre-président sortant, crédité de 17% des voix.
« Si ceux qui travaillent en Allemagne devaient quitter le pays parce que l'on fait de la +remigration+ le mot d'ordre », plusieurs secteurs de l'économie ne pourraient plus fonctionner, a poursuivi le chancelier, citant notamment « l'artisanat », les « établissements de soins » ou encore les « restaurants ».
Le chef du gouvernement s'est exprimé après un discours agressif d'Alice Weidel, la co-cheffe de l'AfD, qui a regretté que les Allemands doivent « vivre au quotidien avec les conséquences de l'immigration de masse ».
D'après Mme Weidel, celle-ci a pour conséquences directes « une criminalité en hausse » et « une augmentation massive des infractions à caractère sexuel et des actes de violence brute ».
Les statistiques criminelles allemandes montrent une surreprésentation des étrangers parmi certains types de délits, mais les chercheurs soulignent de longue date que ces données ne suffisent pas, à elles seules, à établir une causalité direct entre immigration et criminalité.
M. Merz a aussi minimisé la portée du succès électoral de l'AfD.
Le « véritable objectif électoral » du parti d'opposition d' »obtenir la majorité des sièges en Saxe-Anhalt » n'a pas été atteint et « 56% des électeurs de Saxe-Anhalt n'ont pas voté pour vous », a-t-il lancé.
L'AfD affirme être désormais en discussions avec d'autres groupes et élus afin de former un gouvernement, un processus qui pourrait prendre du temps.
« Nulle part en Allemagne vous n'obtiendrez une majorité », a asséné M. Merz à l'encontre de Mme Weidel, dont le parti est et va rester selon lui « une force destructrice ».
Mme Weidel avait ouvert les débats en affirmant que les jours du gouvernement Merz « sont comptés ».
M. Merz a par ailleurs accusé l'AfD de faire le jeu des tentatives présumées de déstabilisation de l'Allemagne, faisant référence à une attaque de drone déjouée début août à l'aéroport de Leipzig et attribuée à Moscou.
« Vous n'avez rien dit, Mme Weidel, sur ce qui s'est passé le 4 août », a-t-il dit, « vous faites partie du problème que nous rencontrons en Allemagne ».

