Un drone de type Hermes 900, fabriqué par l’entreprise israélienne Elbit Systems, sur une base aérienne à Palmachim en Israël, le 5 juillet 2023. Photo Jack Guez/AFP
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Eyal Zamir, a annoncé la création prochaine d’une nouvelle branche consacrée aux « systèmes sans pilote et à l’Intelligence artificielle » (IA) au sein de sa troupe, selon des médias israéliens.
Cette quatrième branche serait une première au sein de l'armée, alors que l'emploi d'engins sans pilote et de l'IA était jusqu’ici réparti entre les trois composantes de la troupe : forces terrestres, aviation et marine. « Le champ de bataille évolue à une vitesse vertigineuse, et nous évoluons avec lui », a déclaré mardi l'officier supérieur lors d’une cérémonie de remise de diplômes à des gradés de la Marine, expliquant que cette nouvelle force sera vouée à « opérer aux côtés d’équipes de combat humaines ou lors de missions indépendantes ». « L’avenir comprend les systèmes sans pilote, la robotique, les drones et un usage généralisé de l’Intelligence artificielle », a ajouté le chef d'état-major, qui dit avoir « finalisé les plans » de cette nouvelle structure. « Ces systèmes permettront d’accroître l’activité opérationnelle sur le champ de bataille et de sauver des vies humaines », a-t-il aussi affirmé.
Le général Zamir a également affiché son ambition de faire de l’armée israélienne un « leader mondial » dans ce domaine et annoncé que cette nouvelle branche serait inaugurée d’ici le début mois de décembre.
L’armée israélienne utilise déjà massivement des drones sans pilote, à Gaza comme au Liban, ou encore des navires sans équipage, ainsi que des véhicules terrestres télécommandés et des engins blindés transformés en véhicules explosifs. L'usage de l'IA au sein des troupes s'est, lui aussi, généralisé depuis le début de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, lancée à la suite de l'attaque du mouvement palestinien Hamas le 7 octobre 2023.
Ce recours systémique à l'IA dans l'identification des cibles dans l'enclave palestinienne avait été révélé en avril 2024 par une enquête du magazine d'investigation israélien +972 et Local Call. Cette enquête détaillait l'usage du logiciel « Lavender », un système de « machine learning » ayant servi à constituer des listes de cibles à tuer en y répertoriant des dizaines de milliers de Palestiniens, classés comme des membres présumés du Hamas ou du Jihad islamique.
Les sources des services de renseignement interrogées pour cette enquête affirmaient notamment que, pour de nombreuses cibles subalternes, la vérification humaine avait été réduite à quelques secondes, parfois essentiellement pour vérifier que la personne identifiée était un homme. Un autre dispositif, surnommé « Where’s Daddy ? », aurait servi à détecter le moment où ces personnes rentraient chez elles afin de permettre leur ciblage à leur domicile.


