Des caméras piratées, des appels téléphoniques avant les frappes, des messages d’évacuation envoyés à tous les habitants d’un immeuble, 100 frappes en moins de dix minutes… Depuis la reprise de la guerre au Liban, Israël mène des opérations à une échelle et une vitesse inédites. Derrière ces scènes dystopiques, un arsenal de surveillance numérique et l’intelligence artificielle.
Depuis les bureaux de l’unité 8200 à Tel-Aviv, Israël collecte des données tous azimuts sur les Libanais, dans le but de traquer les membres du Hezbollah : Wi-Fi, caméras de rue, applications mobiles, logiciels espions comme Pegasus. Ces énormes masses de données passent alors dans des systèmes d’IA, capables de désigner des cibles en quelques clics, tel que l’ont révélé le magazine +972 et The Guardian. Des logiciels comme Habsora ou Lavender, déjà expérimentés à Gaza puis en Iran, automatisent ainsi les recommandations de frappes à une échelle industrielle, générant jusqu’à une centaine de cibles par jour, parfois sans intervention humaine.
Une course technologique qui soulève de nombreuses questions éthiques : quand l’algorithme désigne les cibles, qui est alors responsable des erreurs et de leurs coûts humains ?
Notre décryptage, en vidéo.

