Un bateau de la flottille Global Sumud, intercepté par les forces israéliennes en mer Méditerranée au large de la bande de Gaza, est escorté jusqu'au port d'Ashdod, dans le sud du pays, le 2 octobre 2025. Photo Saeed QAQ / AFP
Vingt-six Français portent plainte pour torture et crime de guerre contre Israël, auprès du parquet national antiterroriste (Pnat) à Paris, après l'interception de flottilles humanitaires pour Gaza auxquelles ils participaient, ont annoncé mardi leurs avocats à l'AFP.
Les plaignants sont membres de la Global Sumud Flotilla, une initiative qui se revendique « pacifique et humanitaire » pour acheminer de l'aide en direction de la population de Gaza, ont précisé leurs avocats. Ils ont été interceptés en haute mer sur les trois flottilles d'octobre 2025, avril 2026 et mai 2026. Dans leur plainte, déposée lundi contre X, ils dénoncent le détournement de leurs navires par l'armée israélienne et leur arrestation arbitraire par les forces israéliennes. Ils dénoncent aussi des violences (tabassages, coups de taser...) et des traitements inhumains et dégradants. Cinq d'entre eux se plaignent aussi « d'attouchements de nature sexuelle ».
Parmi les humiliations subies, les plaignants racontent le « déshabillage », la « diffusion en boucle de l'hymne national accompagnée d'insultes », le « maintien prolongé à genoux sur le gravier », les « sangles brûlantes délibérément resserrées » ou encore les tentatives de les « contraindre à la signature de faux aveux ». La justice doit mettre « fin à l’impunité de toute personne » qui aurait pu prendre part aux faits, comme auteur ou complice, demandent Mes Chirinne Ardakani, Hannah Bouchareb, Romain Ruiz, Raphaël Kempf, Rosanna Lendom, Camille Duprié, Mathilde Lanté et Prisca Ancion, dans un communiqué.
Leur plainte pourrait être jointe aux deux enquêtes préliminaires déjà ouvertes depuis l'été par le Pnat, confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH), sur les trois flottilles d'octobre 2025 à mai 2026. Les autorités militaires et pénitentiaires israéliennes ont rejeté les accusations formulées par les participants aux flottilles. La première enquête, pour crime de guerre et tortures, avait été ouverte après un signalement du Quai d'Orsay.
A l'époque, les condamnations publiques s'étaient multipliées quant au traitement réservé aux 430 militants de divers pays de la flottille, arraisonnés par l'armée israélienne à l'ouest de Chypre, amenés de force en Israël puis détenus avant d'être expulsés en mai. Une vidéo diffusée par le ministre israélien d'extrême droite Itamar Ben Gvir, présentant des militants agenouillés et mains liées, avait déclenché un tollé. M. Ben Gvir a été interdit de séjour en France. Des enquêtes sont également ouvertes en Italie, en Australie ou en Turquie, ce pays ayant émis dans ce cadre un mandat d'arrêt international contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

