Un drapeau syrien flotte à Damas, le 4 juin 2025. Photo AFP
Les autorités syriennes ont annoncé lundi l'arrestation d'un ancien général, visé par des sanctions européennes, accusé d'être impliqué dans la répression sanglante des manifestations pacifiques en 2011 et dans le massacre de Hama en 1982. Selon les Forces de sécurité intérieures, citées par l'agence officielle Sana, Mohammad Ali Durgham, « l'un des principaux officiers » du pouvoir de Bachar el-Assad, a été arrêté à Tartous, sur le littoral.
Il avait ordonné à ses hommes de « tirer sur des manifestants non armés dans la province de Damas », lors des manifestations pacifiques réprimées dans le sang en 2011 par le pouvoir d'Assad, renversé en décembre 2024. Entre 2009 et 2013, il avait assuré « le commandement opérationnel de la Quatrième division », redoutable unité dirigée par Maher al-Assad, frère du président déchu, selon l'agence.
Mohammad Ali Durgham Durgham est sous sanctions de l'Union Européenne depuis 2012 pour sa répression des manifestations dans les environs de Damas. Le mouvement pacifique avait dégénéré en une longue guerre civile qui a ravagé le pays, faisant plus d'un demi-million de morts, jusqu'à la prise du pouvoir par une coalition islamiste fin 2024.
En 2011, Human Rights Watch citait un militaire syrien ayant fait défection qui affirmait que Mohammad Ali Durgham faisait partie des généraux qui avaient « ordonné aux troupes de tirer sur les manifestants » lorsque son unité avait été déployée dans les environs de Damas.
Au début de sa carrière, il avait été commandant d'une section au sein des Brigades de défense dirigées par Rifaat Assad, frère du président de l'époque, lors du massacre de Hama en février 1982, selon le communiqué des Forces de sécurité intérieures.
Le président Hafez el-Assad, père de Bachar, y avait alors réprimé une insurrection des Frères musulmans, faisant entre 10.000 et 40.000 morts selon les estimations. Depuis leur arrivée au pouvoir, les nouvelles autorités syriennes procèdent à l'arrestation de responsables du régime déchu. En août, la justice syrienne a condamné à mort par contumace Bachar el-Assad, qui a fui en Russie, et son frère Maher.

