Un bateau est amarré près des installations de stockage et d'entreposage endommagées du port, à la suite d'une frappe militaire américaine plus tôt dans la semaine sur Kuhestak, dans le comté de Sirik, situé dans la province méridionale de Hormozgan en Iran, le 6 septembre 2026. Photo ATTA KENARE / AFP
Renouer la confiance avec l'Iran sera une tâche difficile mais nécessaire, a déclaré lundi un haut responsable émirati, alors que Téhéran a régulièrement pris pour cible les pays du Golfe ces derniers mois. « Notre dialogue avec l'Iran doit être ambitieux. Il doit dépasser les problèmes ponctuels et aborder les sujets stratégiques plus larges qui concernent le Golfe tout entier : la sécurité, la liberté de navigation, la non-ingérence, la coopération économique et, en fin de compte, la restauration de la confiance », a déclaré Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Emirats, lors du Forum Hili à Abou Dhabi.
« La confiance est une montagne à gravir mais cela en vaut la peine », a-t-il ajouté lors de cette plateforme régionale de dialogues stratégiques. « Notre géographie ne nous laisse pas d'autre choix que de nous engager mais nous devons clairement distinguer la reconstruction d'une relation nécessaire et opérationnelle avec l'Iran et celle d'une relation de confiance qui a été rompue. La première est indispensable. La seconde sera bien plus difficile à obtenir ».
Situés en face de l'Iran, de l'autre côté du détroit d'Ormuz, les Emirats, alliés de Washington, ont subi de plein fouet la colère de Téhéran, qui les frappés avec plus de 3.300 missiles et drones lors des premières semaines de la guerre.
Si le pays a d'abord été épargné après la signature d'un cessez-le-feu en juin entre l'Iran et les Etats-Unis, les pétroliers de la compagnie publique émiratie Adnoc ont été attaqués à plusieurs reprises les semaines passées. L'Iran a également revendiqué des attaques contre des installations militaires américaines sur le sol émirati ces derniers jours. Téhéran a pris pour cible ses voisins du Golfe, qui ont longtemps cherché à éviter un tel conflit, après les frappes israélo-américaines déclenchées le 28 février qui ont décimé la République islamique.
« Individuellement, nous avons fait preuve de force et de résolution pour répondre aux attaques iraniennes », a souligné Anwar Gargash. « Mais ce qui a fonctionné au niveau national ne s'est pas traduit avec la même efficacité au niveau régional ». « Collectivement, je ne crois pas que nous ayons su répondre stratégiquement à une menace de cette ampleur, comme nous avions su le faire lors de l'invasion du Koweït ou des bouleversements du Printemps arabe », a-t-il déploré.

