Des véhicules blindés de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) circulent devant des bâtiments détruits dans le sud du Liban, sur une photo prise depuis le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban, le 22 juillet 2026. Photo Jalaa MAREY / AFP
Le Liban continue d'insister pour qu'un mécanisme sous égide onusienne soit présent dans le sud du pays, bombardé avec force par Israël et dont plus de 620 km2 sont toujours occupés, après la fin de la mission de la Force intérimaire de l'ONU (Finul), en décembre 2026. C'est ce qu'a affirmé le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, lors de la 166e session de la Ligue arabe au Caire, au niveau des ministres des Affaires étrangères, soulignant qu'une telle mission pourrait accompagner autant la mise en oeuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité que les dispositions de l'accord-cadre avec Israël.
Une session consacrée au sort de la Finul avait eu lieu la semaine dernière au Conseil de sécurité, à la demande de la France, porte-plume du Liban, mais la possibilité d'une prorogation du mandat de la force avait été refusée catégoriquement par les Etats-Unis. Washington parraine l'accord-cadre signé le 26 juin entre Beyrouth et Tel-Aviv, qui prévoit le déploiement d'une force internationale devant contrôler les différentes dispositions du texte, à savoir le déploiement de l'armée libanaise dans le Sud, sa mission de désarmer le Hezbollah et le retrait israélien de la zone occupée. Les négociations directes achoppent toutefois sur les pays qui pourraient constituer cette force.
« Deux guerres dévastatrices »
Le Liban doit « bénéficier d’un soutien et d’une présence internationale renouvelés sous l’égide des Nations unies », a dans ce cadre lancé M. Raggi devant ses homologues arabes. Dans ce cadre, il a indiqué que « des consultations se poursuivraient » avec les Nations unies et les pays concernés « afin de mettre en place un mécanisme onusien renforcé chargé d’accompagner la mise en œuvre de la résolution 1701 et du cadre de travail tripartite », en référence à l'accord-cadre. Le mandat de la Finul doit normalement prendre fin en décembre 2026, faute de renouvellement adopté en août 2025, et les Casques bleus devront ensuite se retirer progressivement du Sud. Le ministre libanais a en outre appelé les Etats membres de la Ligue arabe à « fournir le soutien nécessaire au renforcement de l'armée libanaise et consolider le rôle des autres institutions de l’État ». Selon lui, Beyrouth se trouve à un « moment charnière, qui exige des « décisions courageuses permettant à l’État libanais d’étendre son autorité sur l’ensemble de son territoire », et d’obliger Israël à se retirer du Sud. Il a d'ailleurs condamné les attaques israéliennes persistantes, les violations du droit international commises par l'Etat hébreu et l'occupation, tout en rappelant que le Hezbollah a, depuis 2023, « entraîné le Liban dans deux guerres dévastatrices ». Il a encore estimé que la diplomatie est le « moyen le plus efficace » de parvenir à un cessez-le-feu réel et au retrait israélien, ouvrant la voie au « retour des déplacés dans leurs villages, à la reconstruction, la libération des détenus et au désarmement de tous les groupes armés ».
Joe Raggi a en outre ouvert son discours en réaffirmant « la solidarité du Liban avec les pays arabes du Golfe et la Jordanie face aux attaques iraniennes hostiles et systématiques ». Depuis dix jours, les Etats-Unis ont repris leurs frappes sur l'Iran, sur fond de tensions autour du détroit d'Ormuz et de pourparlers à l'arrêt. Téhéran a riposté, comme il le fait depuis le 28 février dernier, en lançant des attaques sur des bases américaines dans les pays du Golfe, en Jordanie et dans le Kurdistan irakien.

