Des migrants traversent à la nage les eaux proches de la frontière avec le Maroc pour entrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, le 31 juillet 2026. Photo JORGE GUERRERO / AFP
La Finlande a dit vendredi soutenir la proposition italienne de fermer l'espace Schengen à l'Espagne après l'entrée illégale de milliers de migrants ces derniers jours dans l'enclave espagnole de Ceuta en provenance du Maroc. "L'Espagne a complètement échoué à protéger la frontière extérieure de l'espace Schengen contre les intrusions. Cela ne peut pas continuer", a écrit sur X la ministre finlandaise de l'Intérieur, Mari Rantanen, membre de la droite populiste finlandaise. "Les pays qui ne remplissent pas leur obligation de protéger la frontière extérieure ne peuvent pas être membres de Schengen", a-t-elle poursuivi, appelant tous les pays européens à suivre la proposition de la cheffe du gouvernement italien d'extrême droite, Giorgia Meloni.
L'Italie a dit jeudi vouloir fermer l'espace Schengen à l'Espagne, un projet aussitôt condamné par Madrid. « Nous sommes en train de réunir les instances compétentes et, à l'issue de ces réunions, nous sommes prêts à agir, y compris par des mesures exceptionnelles (...), comme la suspension de l'espace Schengen avec l'Espagne », a écrit la cheffe du gouvernement d'extrême droite Giorgia Meloni en dénonçant la « menace » de l'immigration clandestine. « L'Italie ne restera pas les bras croisés », a-t-elle affirmé sur X, sans préciser comment une telle mesure serait mise en place.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Luis Albares, a dénoncé dans la foulée la « démagogie » de Rome, annonçant la convocation vendredi de l'ambassadeur d'Italie à Madrid en signe de protestation.
Le vice-Premier ministre et chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani, s'était lui aussi dit « favorable » jeudi à la fermeture à l'Espagne de l'espace de libre circulation européen. « Les images qui arrivent de Ceuta démontrent comment le choix du gouvernement de Madrid de donner la citoyenneté espagnole, donc européenne, à plus de 500.000 immigrés irréguliers, est profondément erroné et encourage le trafic d'êtres humains », a jugé M. Tajani, membre du parti Forza Italia (droite conservatrice), allié à Giorgia Meloni. Matteo Salvini, également vice-Premier ministre italien et chef de la Ligue (extrême droite), a lui appelé sur X à « suspendre Schengen » et « défendre les frontières » de l'Europe.


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