Le chef des FL, Samir Geagea (g.), serrant la main du député irakien Kaldo Ramzi Oghanna, à Maarab, le 24 juillet 2026. Photo tirée du compte Facebook de M. Oghanna
Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a reçu samedi un député chrétien irakien, avec qui il a discuté de la présence des communautés chrétiennes dans leurs pays respectifs. Devant Kaldo Ramzi Oghanna, chef du bloc chrétien Sobyana, M. Geagea a estimé que les divisions politiques au Liban ne sont « pas confessionnelles, mais liées à des visions concurrentes » de ce que doit être l'État, selon des propos rapportés par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Lors de leur réunion à Meerab, les deux hommes ont discuté des moyens de renforcer la coopération entre les Forces libanaises et le bloc de M. Oghanna, ainsi que de la situation des chrétiens en Irak, où leur nombre est passé d'environ 1,5 million au début des années 2000 à 140 000 aujourd'hui, répartis entre l’Irak fédéral et la région autonome du Kurdistan irakien.
MM. Geagea et Oghanna ont également exploré des pistes pour « soutenir la présence des chrétiens dans leurs patries et renforcer les principes de citoyenneté, de partenariat et de pluralisme. » Le chef des FL a réaffirmé son soutien à la résilience de la communauté chrétienne d’Irak ainsi qu’à sa présence continue dans le pays. Il a encore estimé que la vie politique au Liban est actuellement fracturée entre un camp qui veut « la construction de l'État, des institutions et de la légitimité » et un autre qui suit la « voie des armes et de la corruption ». Samir Geagea, opposant notoire au Hezbollah, a ajouté que ces deux parties « comptent des Libanais de différentes confessions, ce qui confirme que la fracture n’est pas confessionnelle mais bien une division autour de principes, de valeurs et de la vision de l’État ».
Pour sa part, M. Oghanna a salué la « stature politique et historique de M. Geagea », le décrivant comme « l’une des principales personnalités chrétiennes du Moyen-Orient ». Il a estimé que le Liban représente « une source d’espoir pour tous les chrétiens de la région » et démontre qu’il subsiste « un pays arabe qui embrasse la diversité et lui confère un rôle actif dans la vie nationale ».
Cette réunion a eu lieu alors que le patriarche chaldéen Mar Paulos III Nona a effectué une visite de plusieurs jours à Beyrouth cette semaine, qui était axée notamment sur le renforcement de la présence chrétienne au Moyen-Orient. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, doit en outre se rendre en Irak dimanche.
À Bagdad, le nouveau Premier ministre Ali al-Zaidi, arrivé au pouvoir avec l'appui de Washington, est, comme les autorités libanaises, sous pression pour désarmer les groupes armés irakiens pro-iraniens, accusés d'avoir mené des centaines d'attaques sur des infrastructures américaines en Irak pendant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février. Le monopole des armes fait partie des priorités du gouvernement libanais.

