Le cheikh Khaldoun Oraymet accueillant des visiteurs chez lui, au Akkar, le 21 décembre 2025. Photo avec l’aimable autorisation de Michel Hallak
La cour criminelle de Beyrouth, présidée par le juge Bilal Dennaoui, a fixé au 3 novembre la prochaine audience dans l'affaire dite « Abou Omar », a indiqué jeudi une source judiciaire à L'Orient-Le Jour.
Sont concernés Moustapha Hessiane, alias Abou Omar, un garagiste originaire du Akkar (Liban-Nord) qui se serait fait passer auprès de personnalités politiques et d'hommes d'affaires libanais pour un membre de la famille royale saoudienne, ainsi que Khaled Oraymet, un cheikh sunnite soupçonné d'avoir joué un rôle clé en facilitant les contacts entre l'imposteur présumé et ses victimes. Les deux hommes sont détenus depuis décembre dernier.
Selon des informations obtenues par L'Orient-Le Jour, Khaled Oraymet a également déposé une demande de remise en liberté. Toutefois, à la veille des vacances judiciaires, il est peu probable que la chambre présidée par le juge Bilal Dennaoui l'examine. La requête devrait donc être transmise à la juridiction de permanence, les tribunaux fonctionnant, durant les vacances judiciaires, selon un système de rotation afin d'assurer la continuité du service de la justice.
L'audience, initialement prévue au début du mois, avait été reportée à la suite d'un pourvoi formé par un autre cheikh sunnite, Khaled Sabsabi, contre l'acte d'accusation prononcé à son encontre en mai dernier par la chambre d'accusation présidée par Kamal Nassar. Cette chambre l'avait renvoyé devant la cour criminelle pour « faux témoignage » dans une affaire qualifiée de « crime d'exposition du Liban au risque d'actes hostiles troublant ses relations avec un État étranger », en l'occurrence l'Arabie saoudite.
Par ailleurs, le juge Dennaoui a autorisé un médecin à examiner le cheikh Khaled Oraymet, détenu au ministère de la Défense, à la suite d'une demande présentée par son avocat devant la cour criminelle.
Aucun des responsables politiques dont les noms ont été cités par Abou Omar au cours des différentes étapes de l'enquête n'a reconnu avoir été victime d'une escroquerie. Certaines de ces personnalités ont affirmé devant l'ancien procureur général près la Cour de cassation, que les sommes versées l'avaient été au profit d'associations caritatives liées au cheikh Oraymet, tandis que d'autres ont évoqué des contributions à des caisses d'hospitalisation.

