Des membres des services de sécurité syriens inspectent l'entrée d'un tunnel de contrebande découvert à Homs, le 15 avril 2026. Photo tirée du site Al-Ekhbariya
La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer une « énorme » cargaison d'armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles de longue portée, via sa frontière avec l'Irak. Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar el-Assad. Damas a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au groupe pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.
Dans un communiqué, photos à l'appui, le ministère syrien de l'Intérieur a indiqué que ses unités avaient « mis en échec une tentative d'introduction clandestine d'une énorme cargaison d'armes sophistiquées par la frontière syro-irakienne ». Il a précisé qu'elles avaient fouillé un véhicule suspect stationné dans la zone frontalière, et avaient « saisi une cargaison comprenant des missiles de longue portée, des missiles guidés antichars et des drones ». « Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah », a ajouté cette source.
Selon l'autorité syrienne chargée du contrôle des frontières et de la douane, les armes ont été trouvées dans un camion-citerne au point de passage d'Al-Tanf. Le camion avait pour destination la ville côtière syrienne de Banias.
Plus tard jeudi, le Hezbollah a démenti les accusations syriennes, affirmant qu’il n’avait aucune présence ni activité en Syrie. « Le parti a déjà démenti à plusieurs reprises et de manière catégorique ces accusations, affirmant qu’elles sont totalement fausses et infondées », indique un communiqué publié par le service des relations médias du Hezbollah. Le parti a également souligné que ces « accusations visent à porter atteinte au Hezbollah et servent le projet américano-sioniste dans la région ».
De leur côté, les autorités irakiennes ont annoncé qu'elles allaient former une commission d'enquête et « se coordonner » avec la Syrie à ce sujet. Elles ont ajouté qu'elles « demanderaient des comptes aux responsables de toute négligence, de manière à garantir la sûreté et la sécurité de la frontière commune et empêcher toute tentative de porter atteinte à la sécurité nationale ».
L'annonce des autorités syriennes intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.
Le président syrien Ahmad el-Chareh dit cependant refuser d'intervenir militairement dans le pays voisin contre le groupe pro-iranien, affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran. Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.
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