Les premiers secours inspectent l'épave d'une voiture qui aurait été la cible d'une frappe israélienne à Nabatiyé, le 6 juillet 2026. Les médias d'État libanais ont indiqué qu'une frappe israélienne contre une voiture dans le sud du pays, le 6 juillet, avait fait quatre morts, dont trois femmes, malgré un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hezbollah. Photo Abbas FAKIH / AFP
Trois frappes israéliennes qui ont visé le sud du Liban en mars, tuant une vingtaine de personnes, sont susceptibles de constituer des « crimes de guerre » et doivent « faire l'objet d'enquêtes », a estimé Amnesty International jeudi.
« En l'espace d'une semaine seulement, l'armée israélienne a anéanti des familles entières, dont une douzaine d'enfants, au Liban, faisant preuve d'un mépris flagrant pour la vie des civils », déplore Kristine Beckerle, directrice régionale adjointe, citée dans un communiqué de l'ONG.
« La communauté internationale doit agir maintenant », juge-t-elle, enjoignant aux États d' « invoquer la compétence universelle et extraterritoriale dans le but d'enquêter sur les responsables présumés et de les poursuivre ».
Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.
Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué plus de 4.300 personnes, selon Beyrouth.
L'ONG dit avoir enquêté sur trois frappes israéliennes menées dans le sud du Liban les 6, 12 et 13 mars, qui ont détruit des « habitations civiles » dans les cazas de Tyr, Saïda et Nabatiyé.
Ces attaques ont, selon Amnesty, coûté la vie à « 24 civils, dont 12 enfants ».
« Amnesty International a des motifs raisonnables de conclure que lors de chacune de ces frappes aériennes, les forces israéliennes ont commis des violations du droit international humanitaire », affirme l'organisation.
À chaque fois, ces trois frappes constituaient « soit une attaque directe contre des civils ou un bien civil, soit une attaque menée sans discernement », accuse Amnesty. « Dans les deux cas, (la frappe en question) doit faire l'objet d'une enquête en tant que crime de guerre ».
L'ONG explique s'être fondée sur des témoignages, images satellites, photographies et vidéos. « Des chercheurs ont également passé en revue les réseaux sociaux israéliens et libanais » pour « comprendre le contexte » de chaque frappe, et « chercher d'éventuels éléments attestant de possibles liens entre les victimes et le Hezbollah ».
Sollicitées par Amnesty, les autorités israéliennes ont indiqué que certaines frappes « avaient été menées contre des objectifs militaires du Hezbollah », tandis que d'autres cas avaient été « transmis pour examen ». Mais elles n'ont fourni « aucune information précise concernant les trois attaques, notamment sur les possibles cibles », note l'ONG.
Elles ont également affirmé être « déterminées à atténuer les dommages causés aux civils lors d'activités opérationnelles » et que le Hezbollah « exploite systématiquement les infrastructures civiles à des fins militaires ».
Le protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington a permis l'entrée en vigueur d'un précaire cessez-le-feu au Liban à partir du 21, avant la signature le 26 d'un accord-cadre entre le Liban et Israël en vue d'une « paix durable ».
Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans la zone où il opère, pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière, et poursuit ponctuellement ses frappes.


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