Un avis annonçant la grève des fonctionnaires du Sérail gouvernemental de Saïda, le 2 juillet 2026. Photo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah
Les fonctionnaires de l'administration publique ont entamé jeudi une grève d'avertissement de deux jours au Liban, suspendant le travail jusqu'à vendredi pour protester contre ce qu'ils qualifient d'échec persistant du gouvernement à répondre à leurs revendications salariales et professionnelles, a rapporté jeudi l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Selon notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, les fonctionnaires des bureaux gouvernementaux du Sérail à Saïda ont participé à la grève.
Le mouvement de protestation a été lancé par le syndicat des fonctionnaires de l'administration publique, qui a mis en garde contre un arrêt de travail à durée indéterminée dans les prochaines semaines si les autorités ne répondent pas à ses revendications.
Chaouki Mteirek, chef du département administratif du Liban-Sud, a indiqué à notre correspondant que les fonctionnaires réclament l'adoption d'une nouvelle grille salariale, le versement des augmentations de salaires approuvées depuis février, ainsi qu'une hausse des indemnités de transport afin de tenir compte de l'augmentation des prix du carburant. Il a qualifié cette grève d'« avertissement » adressé au gouvernement.
Laura al-Sen, responsable de la branche Sud de la Coopérative des fonctionnaires, s'est interrogée sur le « sort des fonds collectés pour financer les augmentations salariales du secteur public », estimant que les conditions de vie des fonctionnaires sont devenues de plus en plus difficiles. Elle a ajouté que les employés réclament des ajustements salariaux leur permettant de couvrir leurs dépenses jusqu'à la fin du mois.
Les salaires du secteur public demeurent l'un des défis les plus urgents auxquels le gouvernement est confronté. Les rémunérations n'ont pas suivi le rythme de l'inflation, tandis que la fonction publique continue d'être critiquée pour sa taille, son coût et son inefficacité. Avant la crise économique, les salaires du secteur public représentaient environ un tiers du budget de l'État, soit près de 15 milliards de dollars. Le nombre total de fonctionnaires, y compris les membres des forces armées, est estimé entre 200 000 et 300 000 personnes.

