Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil (à gauche), avec le président du Parlement, Nabih Berry, le 30 juin 2026, à Aïn el-Tiné. Photo Hassan Ibrahim / Parlement libanais
À l’issue de sa rencontre mardi avec le président du Parlement Nabih Berry à Aïn el-Tiné, le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, a indiqué partager sa volonté de « refuser toute discorde et de préserver l’institution militaire ».
« Nous nous accordons avec M. Berry sur deux points : d’abord, le rejet de la discorde qui refait surface à intervalles réguliers ; ensuite, la protection du pays à travers la sauvegarde du symbole de son unité nationale, à savoir l’institution militaire, sans jamais la mettre en péril », a affirmé le député de Batroun.
« Nous restons engagés dans le même effort pour protéger le Liban et rallier le plus de Libanais possible autour de cette idée. Quelles que soient nos divergences politiques, si nous ne nous retrouvons pas sur la protection du Liban, son existence même sera en péril », a-t-il ajouté.
Le chef du mouvement Amal a ouvertement critiqué à plusieurs reprises l’accord-cadre conclu vendredi dernier entre le Liban et Israël à Washington, affirmant qu’il y « voyait une pomme de discorde ». Gebran Bassil a lui aussi formulé des critiques à l’égard de l’accord, sans toutefois aller jusqu’à le rejeter. « Il est bénéfique s’il nous permet de recouvrer tous nos droits, mais dangereux s’il devient une source de division », avait-il estimé.
L’accord-cadre signé vendredi prévoit, entre autres mesures, le retrait des forces israéliennes de deux « zones pilotes » dans le sud du Liban occupé, pour laisser l’armée libanaise en prendre le contrôle. Cependant, l’accord n’indique aucun calendrier pour ce retrait israélien du Liban et le conditionne au désarmement du Hezbollah sur tout le territoire libanais.
Le patron du CPL a par ailleurs affirmé que sa formation soutient « tout ce qui protège le Liban et préserve sa souveraineté, son indépendance, ainsi que l’État comme centre de la prise de décision et de la légitimité, afin que tant la décision que les armes soient exclusivement entre ses mains ». « Nous nous opposons à tout ce qui alimente la discorde, car c’est dans notre unité que réside notre capacité à faire face à toute menace extérieure », a-t-il poursuivi.
Selon des photos diffusées par l'Agence nationale d'informations (Ani, officielle), Nabih Berry a montré à Gebran Bassil des images du village méridional de Majdel Zoun (caza de Tyr), « coupé en deux » par une puissante explosion de démolition israélienne dans la nuit de dimanche à lundi qui a fait trembler toute la région.
Il y a environ trois mois, dans le contexte de la guerre entre le Hezbollah et Israël, le chef du CPL avait lancé une « initiative de dialogue » prônant la « neutralité du Liban » dans les conflits régionaux et « l’adoption d’une stratégie de défense nationale, en vue d’une paix juste qui garantisse tous les droits des Libanais ».

