Un homme tient un obus d’artillerie non explosé tombé lors de bombardements israéliens nocturnes signalés sur le village d’Abidine, dans la province de Deraa, dans le sud-ouest de la Syrie, près du plateau du Golan, le 29 juin 2026. Photo Sam Hariri / AFP
Le ministère syrien des Affaires étrangères a condamné lundi les incursions et tirs israéliens dans le sud du pays, au lendemain de tensions près du plateau du Golan poussant des habitants à fuir temporairement, selon des sources locales et officielles.
Depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste en janvier 2025, Israël mène des incursions répétées ainsi que des bombardements dans le sud du pays où il défend la mise en place d'une zone démilitarisée. Dans le village de Abdine, dans l’ouest de la province de Deraa, des forces israéliennes ont mené dimanche une première incursion, où des habitants ont tenté de bloquer l'avancée d'une de leurs patrouilles. Israël a riposté par des tirs d’artillerie. « Des obus se sont (alors) abattus aux abords des maisons » poussant les habitants à fuir dans la nuit vers des villages voisins, a expliqué à l'AFP Mahmoud Mouaffak, notable du village. Les forces israéliennes « se sont retirées » par la suite, ce qui a permis « un retour au calme et le retour des habitants lundi matin », a-t-il ajouté. Un photographe de l'AFP a vu un habitant du village inspecter un obus non explosé près de sa maison.
Le ministère syrien des Affaires étrangères a « fermement » condamné lundi dans un communiqué « les agressions israéliennes », et « une violation flagrante de la souveraineté de la Syrie et de l’intégrité de son territoire ».
Depuis la chute du pouvoir de Bachar el-Assad fin 2024, l'armée israélienne a envoyé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, et occupe désormais un secteur qu'elle désigne par le terme « zone de sécurité ». Elle multiplie depuis les incursions dans les provinces syriennes de Deraa et Quneïtra, à une fréquence accrue ces dernières semaines. Le centre syrien Sijil, qui suit les opérations israéliennes en Syrie, a documenté près de 300 opérations ou violations israéliennes dans les deux provinces en juin, dont 107 incursions et descentes.
L'armée israélienne a affirmé dimanche avoir tué « plusieurs terroristes armés » la veille « dans la zone de sécurité dans le sud de la Syrie », mais sans préciser leur nombre ni le lieu exact de son opération. Jeudi, le ministre de la Défense, Israël Katz, a affirmé qu'Israël comptait maintenir ses troupes dans le secteur qu'il occupe en Syrie « pour une durée indéterminée », comme au Liban et à Gaza.
Israël s'est emparé de la majeure partie du plateau du Golan lors de la guerre israélo-arabe de 1967, puis a annexé les zones passées sous son contrôle, une décision qui n'a pas été reconnue par la une grande part de la communauté internationale. Malgré les tensions, les deux pays voisins ont tenu depuis fin 2024 plusieurs séries de pourparlers directs en vue de la conclusion d'un accord de sécurité, et sont convenus de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.


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