Des manifestantes devant la faculté de médecine dentaire de Damas, en Syrie, le 1ᵉʳ juin 2026, en mémoire de la dentiste et ancienne championne d'échecs Rania al-Abbasi, de son mari et de leurs enfants, tués avec leurs enfants dans des prisons du régime syrien déchu. Photo Yamam al-Shaar/Reuters
Un cousin du président syrien déchu Bachar el-Assad a comparu mercredi devant la cour criminelle de Damas lors de la première audience publique de son procès, dans le cadre du jugement des crimes de l’ancien pouvoir.
Des procès, y compris par contumace, contre d'anciens responsables syriens, dont certains accusés de « crimes de guerre », se sont ouverts en avril. Les nouvelles autorités islamistes ont promis justice pour la répression contre les manifestations pro-démocratie déclenchées en 2011.
Wassim el-Assad, cousin de l'ex-président, est le premier membre de la famille Assad à avoir été arrêté, en juin, puis jugé en personne.
Né en 1980, il est apparu dans le box des accusés, le crâne rasé et visiblement amaigri, tandis que le juge donnait lecture de l'acte d'accusation portant sur la création et la direction de deux groupes armés au début de 2011.
Selon l'acte d'accusation, il était chargé de fournir « armes, munitions, financement et soutien logistique » à ces deux groupes, qui ont participé à des opérations militaires dans la Ghouta orientale, bastion jusqu'en 2018 des factions de l'opposition près de Damas, « tuant un grand nombre de civils ».
Les faits retenus contre lui relèvent de « crimes de guerre » et de « crimes contre l'humanité », a indiqué le juge, alors que la télévision d'Etat retransmettait partiellement l'audience.
Ils incluent également « l'incitation au meurtre et à la violence à travers des déclarations publiques et publications contre des opposants, la contrebande et le trafic de drogue en Syrie et à l'étranger, ainsi que l'exploitation de son appartenance à la famille Assad à des fins de pillage et de racket », a ajouté le juge.
L'accusé a nié que les deux groupes en question lui soient affiliés, affirmant que son rôle se limitait à assurer la liaison entre eux.
Dans les années précédant la chute d'Assad, l'homme, qui se présentait comme un « commissionnaire en douane », avait publié sur les réseaux sociaux des vidéos le montrant au volant de voitures de luxe, parfois vêtu d'uniformes militaires, armé et tirant, entouré d'hommes armés qu'il exhortait à combattre aux côtés de l'ancien dirigeant.
Son procès intervient alors que des manifestations réclamant des comptes aux partisans d'Assad et une accélération du processus judiciaire ont lieu dans plusieurs régions du pays, dégénérant parfois en actes de vandalisme.
Le procès de Bachar el-Assad et de figures de son entourage s'est ouvert fin avril, en présence d'un seul accusé, Atef Najib, ancien chef de la sécurité politique à Deraa (sud), berceau du soulèvement.
Le procès de l'ancien mufti Ahmad Hassoun, arrêté en mars 2025, doit s'ouvrir jeudi.

