Un Iranien marche entre des sculptures représentant des travailleurs à Téhéran, le 22 juin 2026. Photo Atta Kenare / AFP
Le gouverneur de la banque centrale iranienne a démenti mardi les affirmations de Donald Trump laissant entendre que les avoirs iraniens débloqués devront être utilisés pour acheter des biens uniquement en provenance des Etats-Unis, tout en n'écartant pas l'idée d'acheter américain.
Dans un message vidéo, Abdolnaser Hemmati a déclaré que les premiers 12 milliards de dollars débloqués serviront à acheter « des biens de première nécessité et des médicaments ». Mais « il n'y a aucune obligation d'acheter aux États-Unis », a-t-il insisté.
Plus tôt dans la journée, le président américain avait assuré que « l'argent et/ou les sanctions que le Trésor américain est en train de lever sont placés sous séquestre, contrôlés par les États-Unis, et seront utilisés pour l'achat de nourriture et de fournitures médicales, exclusivement en provenance des États-Unis ». « Ce n’est pas vrai », a rétorqué Abdolnaser Hemmati. « Il n'existe aucune exigence de ce type dans le protocole d'accord qui a été signé » la semaine dernière entre les Etats-Unis et l'Iran.
« Cependant, nous ne voyons pas non plus de problème à acheter aux Etats-Unis si le prix et la qualité des biens essentiels - comme le maïs, le blé ou tout autre produit dont nous avons besoin - sont compétitifs », a ajouté le gouverneur.
Le vice-président américain JD Vance, qui a participé dimanche aux pourparlers irano-américains en Suisse, avait évoqué lundi un éventuel mécanisme de contrôle pour s'assurer que les avoirs iraniens ne financent pas le « terrorisme », laissant entendre que leur déblocage pourrait être assorti de conditions notamment de contrats agricoles avec les Etats-Unis.
L'Iran a de son côté indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage « immédiat » de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés. S'agissant de la levée des sanctions sur les exportations iraniennes de pétrole jusqu'au 21 août, pendant la période de négociations de 60 jours, il a apporté quelques précisions. « Nous pourrions livrer ces produits via n'importe quel port, en utilisant n'importe quel navire et recevoir le paiement sur les comptes que nous désignerions afin d'utiliser librement ces recettes », a déclaré le banquier central.
Le président américain a été critiqué pour avoir signé un protocole d'accord avec Téhéran afin de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient prévoyant le déblocage d'une partie des milliards d'avoirs iraniens gelés avant même un accord sur le nucléaire iranien, qui doit être abordé dans cette nouvelle phase des négociations.

