Des migrants sans papiers originaires de pays d'Afrique subsaharienne attendent des bus d'aéroport avant leur rapatriement vers leurs pays d'origine, dans le cadre du programme de retour volontaire mis en œuvre par le ministère de l'Intérieur tunisien en coordination avec diverses organisations nationales et internationales, à Tunis le 16 juin 2026. Photo FETHI BELAID / AFP
Le chef des Droits humains à l'ONU a déclaré samedi regretter profondément la nouvelle législation de l'UE sur les « retours » de migrants, soulignant que les pays européens ne pouvaient transférer leurs obligations à des pays tiers.
Le Parlement européen a approuvé mercredi le règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d'asile, une réforme de l'UE incluant la possibilité pour ses pays membres de conclure des accords pour installer des centres de rétention (« hubs de retour ») hors des frontières de l'Union.
« Les pays de l'UE ne peuvent pas simplement externaliser dans des pays tiers leurs obligations en termes de droits humains », a déclaré dans un communiqué Volker Turk, le haut commissaire de l'ONU aux Droits humains. « La détention et le retour vers des pays tiers de personnes vulnérables, y compris des enfants, sont un exercice particulièrement délicat du pouvoir étatique, et portent de hauts risques de violation des droits humains », a-t-il ajouté. Il a souligné qu'il devait y avoir dans ce cadre « une attention particulière à la protection des droits humains et de la dignité - dans les faits et dans la loi ».
Aujourd'hui dans l'Union européenne, environ 20% des décisions d'expulsion des étrangers en situation irrégulière aboutissent réellement à un retour, une statistique très critiquée par les partisans d'une ligne migratoire plus ferme. Sous pression pour serrer la vis, la Commission européenne a donc présenté il y a un an un texte visant à augmenter le nombre d'expulsions, au grand dam des élus de gauche et des ONG de défense des droits humains.
« La législation internationale sur les droits humains et sur les réfugiés est très claire: personne ne devrait être renvoyé vers un endroit où il risquerait de graves violations des droits humains », a souligné M. Turk. « C'est le principe fondamental du non-refoulement. Il doit être pleinement respecté par tous les pays et territoires, en toutes circonstances », a-t-il ajouté.
« Les décisions d'expulsion doivent toujours être fondées sur des décisions individuelles et ne doivent pas prendre effet avant la conclusion des procédures d'appel », a-t-il dit. Le haut commissaire aux Droits humains a souligné la nécessité d'une approche de la question « prenant en compte la contribution des migrants aux sociétés et économies européennes ».


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