La ministre de l'Éducation, Rima Karamé, en visite à Marjayoun, dans le sud du Liban, le 24 février 2026. Photo d'archives ANI
Pour tenter de trouver une solution à la question des examens officiels au Liban, au centre d'une polémique depuis plusieurs semaines sur fond de guerre entre le Hezbollah et Israël, la ministre libanaise de l'Education, Rima Karamé, cherche des alternatives à une annulation totale des épreuves, réclamée par certains. Et ce après avoir obtenu lundi un délai jusqu'à juillet de la part du gouvernement.
Mme Karamé a tenu dans cette perspective une réunion de consultation avec différents acteurs du secteur éducatif afin de discuter des solutions à disposition, soit le maintien des examens mais avec un cadre flexible, déjà mis en place par le ministère, leur report ou l'adoption d'autres mesures exceptionnelles. Elle a averti que « l'instabilité chronique du Liban pourrait générer des difficultés similaires au début de la prochaine année scolaire, risquant de relancer le même débat autour des examens officiels ». C'est dans ce cadre qu'elle a invité les participants, parmi lesquels des responsables au sein du ministère, des représentants d'écoles privées et publiques, notamment issus du Liban-Sud, et de syndicats d'enseignants, à soumettre des propositions à même de préserver « la crédibilité du diplôme libanais et les droits des élèves ». Certains des acteurs ont notamment plaidé pour l'instauration de trois sessions d'examens. Les propositions transmises à Mme Karamé seront à leur tour présentées au Conseil des ministres.
Lundi, le Premier ministre Nawaf Salam avait reporté au mois de juillet la première session d’examens afin d’accorder un délai supplémentaire pour la préparation, le Liban attendant des clarifications sur l’évolution politique et sécuritaire dans un contexte d’incertitude quant à l’instauration d’un cessez-le-feu avec Israël. Lors de la réunion de mercredi, la ministre de l'Education a rappelé que des mesures étaient déjà en place pour faciliter l'organisation des examens et une participation juste et sûre des élèves, notamment le fait que le programme avait déjà été allégé et qu'il était possible pour les élèves de passer les examens dans leurs zones de résidence actuelles pour les déplacés. Elle a encore insisté sur les conséquences potentielles à long terme de « mesures exceptionnelles adoptées en période de conflit », estimant que le secteur de l’éducation « doit trouver des solutions pour préserver l’avenir scolaire des élèves et la qualité de leur formation ».
La controverse sur le sort des examens officiels du baccalauréat se poursuit, le débat se déroulant dans un contexte de fortes divisions politiques et géographiques. Le tandem chiite Amal-Hezbollah s'oppose à l'organisation des examens dans les circonstances actuelles, tandis que Rima Karamé a jusqu'à présent refusé de supprimer le baccalauréat. Le bac français, que les élèves de terminale au Liban ont la possibilité de passer dans des établissements privés, a, lui, été annulé dans plusieurs pays par le ministère français de l'Education nationale, compte tenu de l'instabilité régionale.

