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Dernières Infos - Etats-Unis

Un vol américain d'expulsés iraniens en route vers la Centrafrique


Des migrants vénézuéliens marchent vers un vol de rapatriement volontaire à destination de Caracas, Venezuela, à l'aéroport international de Panama Pacifico, à Veracruz, Panama, le 22 mai 2026. Photo REUTERS/Enea Lebrun

Un avion transportant des personnes expulsées des Etats-Unis est en route vendredi pour la Centrafrique, selon une organisation suivant ce type de vols et un avocat informé du dossier, avec à bord des ressortissants iraniens, afghans, turcs et géorgiens. Ces expulsions vers des « pays tiers » sont devenues un élément essentiel de la politique anti-immigration menée par le président américain Donald Trump, même si leur légalité est contestée en justice aux États-Unis et à l'étranger.

Le conseil du département d’État américain à ses concitoyens concernant la République centrafricaine, pays en proie à des conflits armés, est le suivant: « N'allez pas en République centrafricaine, pour quelque raison que ce soit ».

Donald Trump a qualifié l'Iran, avec lequel Washington est actuellement en guerre, de « régime terroriste » mais poursuit néanmoins les expulsions d'Iraniens ayant fui le pays, dont au moins deux femmes, selon leur avocate.

Les Iraniens avaient obtenu une « suspension d'expulsion » — un statut qui confère des droits moins étendus que l'asile mais avait néanmoins été considéré comme une « victoire » devant les tribunaux de l'immigration sous les précédentes administrations américaines.. « Nous craignons qu’ils ne soient finalement contraints de retourner dans les pays qu’ils avaient initialement fuis », comme cela a déjà été le cas pour d’autres expulsés envoyés à travers l’Afrique, a expliqué leur avocate, Emily Trostle, à l’AFP.

Le vol a décollé jeudi soir d'Alexandria, en Louisiane (sud-est des Etats-Unis), selon l'ICE Flight Monitor, affilié à l'organisation à but non lucratif Human Rights First. Le nombre de passagers n'a pas été précisé. L'avion a effectué une escale prévue au Ghana - qui est lui-même une plaque tournante des expulsions américaines vers des pays tiers- vers 13h00 GMT, vendredi selon les données publiques du vol.

On ignore pour le moment si certaines personnes seront débarquées de l'avion au Ghana ou si elles continueront toutes vers la République centrafricaine, a déclaré Alma David, avocate américaine spécialisée en immigration. Elle a indiqué que ceux qui étaient dirigés vers la République centrafricaine étaient « principalement des bénéficiaires du sursis à l’éloignement, originaires de divers pays, dont l’Iran, l’Afghanistan, la Turquie et la Géorgie ».

Ni le département d’État américain ni les autorités ghanéennes de l’immigration n’ont immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Traitements inhumains

L’administration Trump ne cesse d'élargir le nombre de personnes concernées par les expulsions – y compris celles bénéficiant de protections juridiques – et les pays où elles peuvent être envoyées. Des personnes expulsées et des avocats ont décrit des conditions de détention sordides aux Etats-Unis, des traitements inhumains au Ghana et une détention indéfinie en Eswatini.

Depuis le Ghana et la Guinée équatoriale, un autre hub africain, certaines personnes ont été renvoyées dans leurs pays d'origine, alors même que des juges américains avaient estimé qu'elles y couraient un danger. On ignore ce qu'il adviendra des personnes expulsées une fois arrivées en Centrafrique, dans le cadre de ce qui semble être le premier accord conclu entre Bangui et Washington, qui a signé de nombreux accords d'expulsion en Afrique et ailleurs. Contactées, les autorités centrafricaines n'ont pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

L’administration Trump a soutenu qu’elle était uniquement empêchée d’envoyer les personnes bénéficiaires « du sursis à l’éloignement » dans leur pays d’origine — et qu’elle pouvait donc les envoyer ailleurs. « Ces personnes sont expulsées des États-Unis et abandonnées dans un pays où elles n’ont aucun statut, aucun lien et aucun réseau de soutien », a déclaré l'avocate Emily Trostle à l'AFP.

Ces dernières années, une mission de maintien de la paix des Nations Unies, des troupes rwandaises et des mercenaires du groupe paramilitaire russe Wagner ont contribué à améliorer la situation sécuritaire en République centrafricaine. Mais des combattants antigouvernementaux et des groupes armés sont toujours actifs dans ce pays instable et riche en minéraux.

La semaine dernière, une plainte a été déposée auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples— la principale instance africaine en matière de droits humains — afin de suspendre les expulsions américaines vers la Guinée équatoriale, petit État pétrolier d'Afrique centrale, dirigée d'une main de fer par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo depuis 1979.

Cette plainte vise également à empêcher la Guinée équatoriale de renvoyer ensuite ces expulsés vers leurs pays d’origine.

Un avion transportant des personnes expulsées des Etats-Unis est en route vendredi pour la Centrafrique, selon une organisation suivant ce type de vols et un avocat informé du dossier, avec à bord des ressortissants iraniens, afghans, turcs et géorgiens. Ces expulsions vers des « pays tiers » sont devenues un élément essentiel de la politique anti-immigration menée par le président américain Donald Trump, même si leur légalité est contestée en justice aux États-Unis et à l'étranger.Le conseil du département d’État américain à ses concitoyens concernant la République centrafricaine, pays en proie à des conflits armés, est le suivant: « N'allez pas en République centrafricaine, pour quelque raison que ce soit ».Donald Trump a qualifié l'Iran, avec lequel Washington est actuellement en guerre, de...