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Nvidia commence la promotion de ses processeurs Vera auprès de clients chinois

La part de marché de la firme américaine en Chine est pratiquement tombée à zéro en raison des contrôles américains à l’exportation sur les puces avancées et de la politique de Pékin visant l’autonomie technologique.

Nvidia commence la promotion de ses processeurs Vera auprès de clients chinois

Un membre du personnel de Nvidia présente un plateau de calcul du CPU Vera de Nvidia à des visiteurs lors du GTC de Nvidia, en marge du salon Computex à Taipei, le 3 juin 2026. Photo Ann Wang / Reuters

Nvidia a informé certains de ses clients chinois que ses nouveaux processeurs centraux Vera pour centres de données Intelligence artificielle IA pourraient être disponibles dès le mois d’août et qu’ils peuvent commencer à passer commande, ont indiqué trois sources proches du dossier à l'agence Reuters.

Cette démarche souligne la rapidité avec laquelle la multinationale américaine la plus valorisée au monde se repositionne sur ce nouveau produit afin de relancer ses activités en forte baisse en Chine, alors que les livraisons de son deuxième GPU IA (processeur graphique conçu pour déployer une très importante puissance de calcul), le H200, sont bloquées depuis plusieurs mois dans le pays.

La part de marché de Nvidia en Chine est en pratique tombée à zéro, a déclaré son PDG Jensen Huang en octobre, en raison des contrôles américains à l’exportation sur les puces avancées et de la politique de Pékin visant l’autonomie technologique. Le patron du géant américain a accompagné le président Donald Trump lors de sa visite officielle en Chine en mai dernier. Deux mois plus tôt, il avait redémarré la production de ses puces haut de gamme H200 destinées au marché chinois, après que Washington eut assoupli ses restrictions.

La nouvelle initiative de Nvidia intensifie également la concurrence avec les principaux fabricants de CPU, Intel (INTC.O) et AMD (AMD.O), qui cherchent à augmenter leurs livraisons de processeurs serveurs pour centres de données d’IA.

Selon les sources contactées par Reuters, certains clients chinois ont manifesté de l’intérêt pour la puce Vera, le premier processeur central (CPU) autonome de Nvidia conçu pour l’IA agentique — des systèmes capables d’exécuter des tâches de manière autonome. Les sources ont requis l’anonymat en raison du caractère confidentiel des discussions.

Actuellement en production complète, la puce Vera est conçue pour les calculs « en arrière-plan » sur lesquels reposent les agents IA, et Nvidia affirme qu’elle est jusqu’à 1,8 fois plus rapide que des processeurs comparables de ses concurrents.

Lors de sa présentation en mars, Jensen Huang avait estimé que Vera deviendrait la prochaine activité générant plusieurs milliards de dollars pour l’entreprise. Nvidia avait également indiqué que des acteurs majeurs du Cloud, dont le géant chinois du e-commerce Alibaba et le spécialiste chinois des applications mobiles ByteDance, propriétaire de TikTok, collaboraient avec elle pour déployer Vera, sans préciser si les commandes avaient effectivement commencé.

Nvidia a refusé de commenter. Alibaba et ByteDance n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Retour positif

Selon l’une des sources contactées par Reuters, une grande entreprise chinoise du Cloud prévoit de commander plus de 300 serveurs, chacun contenant deux CPU Vera. Cette entreprise prévoit d’abord des déploiements de test avant de décider de commandes officielles en fonction des résultats.

Cependant, il reste incertain que cet intérêt initial se transforme en adoption massive, notamment en raison de problèmes d’écosystème logiciel, de compatibilité et des difficultés liées à la migration de charges de travail conçues autour de puces d’IA domestiques, selon une autre source.

Un processeur Vera coûterait « bien au-delà » de 20 000 dollars avant remises de volume, et un rack entièrement configuré de 256 puces pourrait atteindre environ 10 millions de dollars, selon SemiAnalysis. La plupart des puces seront d’abord intégrées dans des systèmes complets prêts à déployer, privilégiés par les hyperscalers, tandis que les serveurs plus simples à deux processeurs devraient monter en puissance plus tard, selon le cabinet de recherche. Nvidia prévoit 20 milliards de dollars de revenus liés aux ventes de Vera d’ici la fin de son exercice fiscal se terminant en janvier.

L’intérêt chinois pour Vera intervient alors que la course mondiale à l’IA évolue de l’entraînement des modèles vers l’inférence (la génération de réponses), un domaine où les GPU font face à une concurrence accrue des CPU et des puces spécialisées. Cette transition a contribué à créer une pénurie de CPU. Intel a informé ses clients chinois de délais de livraison pouvant aller jusqu’à six mois pour les processeurs serveurs, selon un rapport de Reuters en février. AMD a aussi indiqué récemment que le marché mondial des CPU est « tendu », avec une demande supérieure aux prévisions.

Basée sur la technologie Arm, Vera place Nvidia en concurrence directe avec Intel et AMD, qui dominent depuis longtemps le marché des processeurs avec l’architecture x86. La vente de CPU en Chine pourrait être moins sensible politiquement que celle de GPU, soumis à des restrictions d’exportation américaines plus strictes. Washington a autorisé environ 10 entreprises chinoises à acheter le H200, un GPU, mais aucune livraison n’a encore eu lieu. Les autorités chinoises, soucieuses de soutenir les fournisseurs locaux, n’ont pas encore donné leur approbation.

Selon une source, les clients chinois prévoient dans un premier temps de déployer les puces Vera uniquement dans leurs centres de données à l’étranger pour des tests.

Nvidia a informé certains de ses clients chinois que ses nouveaux processeurs centraux Vera pour centres de données Intelligence artificielle IA pourraient être disponibles dès le mois d’août et qu’ils peuvent commencer à passer commande, ont indiqué trois sources proches du dossier à l'agence Reuters.Cette démarche souligne la rapidité avec laquelle la multinationale américaine la plus valorisée au monde se repositionne sur ce nouveau produit afin de relancer ses activités en forte baisse en Chine, alors que les livraisons de son deuxième GPU IA (processeur graphique conçu pour déployer une très importante puissance de calcul), le H200, sont bloquées depuis plusieurs mois dans le pays.La part de marché de Nvidia en Chine est en pratique tombée à zéro, a déclaré son PDG Jensen Huang en octobre, en raison...