Des migrants arrêtés par la marine libanaise au large des côtes du nord du Liban. Photo armée libanaise
Plus de 1.000 candidats à l'émigration irrégulière ont été secourus au large des côtes mauritaniennes en dix jours, signalant une reprise des flux migratoires sur la dangereuse route Atlantique, a appris l'AFP auprès des garde-côtes mardi.
Des milliers de personnes originaires d'Afrique de l'Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années la migration clandestine depuis les côtes de leurs pays en empruntant la périlleuse route de l'Atlantique pour gagner l'Europe, principalement via l'archipel espagnol des Canaries, à bord d'embarcations surchargées et souvent vétustes.
« En l'espace de dix jours, 1.076 migrants ont été secourus dans les eaux mauritaniennes, dont 194 pris en charge par la Marine nationale lors de l'assistance à une pirogue le 31 mai », a indiqué à l'AFP Ahmed Moulaye, directeur de lutte contre la migration irrégulière des garde-côtes mauritanienne.
« À ce rythme, les arrivées pourraient atteindre un niveau inédit cette année », poursuit M. Moulaye.
Ces départs ont eu lieu quelques jours après la grande fête musulmane de la Tabaski fin mai après une période d'accalmie de plusieurs mois des sauvetages en mer.
Les huit pirogues interceptées venaient de Gambie et du Sénégal voisins, sans que les nationalités de leurs passagers aient été précisées, a indiqué à l'AFP Pierre Beziz, diplomate européen en poste à Nouakchott la capitale.
Tous les migrants ont été accueillis dans de nouveaux Centres d'accueil temporaires pour étrangers (CATE), à Nouakchott et Nouadhibou (nord-ouest), financés par l'Union européenne, où ils ont été enregistrés pour déterminer s'ils sont vulnérables ou éligibles à la protection internationale.
« Dans le même temps, il y a eu zéro arrivée aux Canaries, alors qu'on s'attendait à ce qu'il y ait un nombre égal qui y arrive », a souligné Pierre Beziz.
Le renforcement récent des contrôles en mer au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a conduit les départs des pirogues clandestines vers les Canaries à se déplacer vers le sud, notamment depuis les côtes de Gambie et de Guinée-Conakry, rallongeant le temps passé en mer et augmentant les dangers.
A la recherche d'un avenir meilleur et au péril de leurs vies, nombre d'exilés africains sont forcés d'emprunter la voie clandestine, l'Europe ayant drastiquement restreint la délivrance de visas et contrôlant de plus en plus ses frontières.
Des milliers de personnes sont mortes ou disparues en tentant de rejoindre ainsi l'Europe ces dernières années.


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