De la fumée au-dessus de Tyr après une frappe israélienne, le 7 juin 2026. Photo Kawnat HAJU / AFP
Un site classé au patrimoine mondial à Tyr, dans le sud du Liban, a été endommagé par des frappes israéliennes, ont constaté lundi des correspondants de l'AFP, confirmant des déclarations d'un responsable du ministère de la Culture. Les frappes de dimanche ont causé « le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre », explique à l'AFP Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.
Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés. Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars. L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une large zone qui incluait une grande partie de la ville, et notamment l'un des deux sites protégés, comprenant des vestiges romains. Elle y avait ensuite mené plusieurs bombardements.
Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées. Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site. « L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante », estime Ali Badaoui. Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable. « Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre », visant « colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques », énumère-t-il.
Une première évaluation des dégâts est en cours mais les experts ne se trouvent pas sur place en raison du danger. L'Unesco a été informée, relate-t-il encore.
Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a accordé à plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, une « protection renforcée provisoire ».
« C’est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place », assure M. Badaoui. L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, ajoute-t-il.


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