Mahmoud Qomati, vice-président du bureau politique du Hezbollah, lors d'une cérémonie dans la banlieue sud de Beyrouth, le 10 mai 2026. Photo ANI
Le Hezbollah n'a eu « aucun contact » direct avec Donald Trump, en dépit des déclarations du président américain en ce sens, a affirmé lundi à l'AFP Mahmoud Qomati, vice-président du bureau politique du parti chiite. « Il n'y a eu aucun contact direct entre le président Trump et des responsables du Hezbollah », a indiqué M. Qomati dans une déclaration écrite en réponse à une question de l'AFP. Le Hezbollah n'entretient pas de contacts directs avec Washington, qui le considère comme un groupe « terroriste » et lui a imposé des sanctions.
« Nous avons parlé avec le Hezbollah pour la première fois », avait déclaré le président américain le 3 juin à des journalistes. Deux jours plus tôt, alors qu'Israël menaçait de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du parti chiite, il avait affirmé avoir eu « une conversation avec des représentants des dirigeants du Hezbollah », qui « ont accepté d'arrêter de tirer sur Israël et ses soldats ». Le président Trump « faisait peut-être référence au fait que le conseiller du président du Parlement Nabih Berry communique avec l'ambassadeur américain et transmet des messages », a expliqué le responsable du Hezbollah.
L'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, a rencontré lundi Nabih Berry, chef du mouvement chiite Amal, allié au Hezbollah, qui joue un rôle d'intermédiaire entre l'administration américaine et le parti pro-iranien. « Ces allégations indiquent à quel point l'administration américaine est prête à abandonner le pouvoir libanais dès que se profile la moindre indication d'un contact avec les parties fortes et influentes au Liban », a estimé M. Qomati.
Le Hezbollah est opposé aux négociations directes entre diplomates israéliens et libanais, qui se poursuivent depuis avril sous l'égide de Washington. Ces négociations entre les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, n'ont jusqu'à présent pas permis de mettre fin au cycle de violence.
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a répété lundi que « seul l'Etat libanais négocie au nom du Liban, et personne d'autre ». Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël le 2 mars pour soutenir l'Iran. Depuis, Israël mène des frappes massives qui ont fait plus de 3.600 morts et occupe une partie du sud du pays. Dimanche soir, en riposte à une frappe israélienne sur la banlieue sud, l'Iran a tiré des missiles sur Israël, qui a répliqué en visant le territoire iranien.


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