Une station-service à Quezon, aux Philippines, le 9 mars 2026. Photo REUTERS/Lisa Marie David/File Photo
Le pétrole grimpe fortement lundi après les attaques directes entre Israël et l'Iran qui menacent les négociations pour une résolution du conflit au Moyen-Orient et font craindre un embrasement dans la région. Vers 09H00 GMT (11H00 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, montait de 4,90% à 97,65 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, prenait 4,88% à 94,96 dollars.
Après 100 jours de conflit et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un cessez-le-feu déjà très fragilisé, la région s'embrase une nouvelle fois. Et les appels du président américain à la retenue adressés à Israël juste après les tirs de missiles par la République islamique en direction du territoire israélien -- présentés comme un « avertissement » en représailles à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth -- n'ont pas été écoutés.
Israël a annoncé avoir bombardé « des cibles militaires », alors que la télévision d'Etat iranienne a fait état d'explosions dans les villes de Tabriz et Ispahan et à Téhéran, où une puissante explosion a été entendue dans la matinée par un journaliste de l'AFP. « Cette escalade est la plus grave depuis le cessez-le-feu du 8 avril et a considérablement fait reculer les négociations de paix », estime Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. « Personne ne croit que le régime sioniste entreprendrait une quelconque action sans coordination et coopération préalables avec les Etats-Unis », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, soulignant « la responsabilité des Etats-Unis ».
L'Iran a néanmoins assuré que les efforts de médiation du Pakistan pour mettre fin à la guerre avec les Etats-Unis se poursuivaient. Pour le moment, le pétrole reste loin de son sommet de fin avril, quand le Brent était monté à 126,41 dollars, son plus haut depuis le début de la guerre.
La Chine, qui dispose d'importantes réserves de brut, « joue le rôle clé de force de rééquilibrage du marché, en réduisant discrètement ses importations de brut passées d'environ 11,7 millions de barils par jour (mb/j) en février à un peu moins de 9 mb/j fin mai, parallèlement à une baisse du taux d'utilisation des raffineries », expliquent les analystes de Société Générale CIB. « La communication de Washington » joue également un rôle important selon eux, le marché gardant espoir qu'un accord est possible avant que la baisse des réserves mondiales de pétrole ne s'épuisent et laissent place à des pénuries.


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