Le leader druze Walid Joumblatt, à Clemenceau, le 27 août 2025. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Deux jours après le fragile accord de cessez-le-feu annoncé mercredi entre le Liban et Israël sous parrainage américain, le leader druze Walid Joumblatt a estimé vendredi qu'il est nécessaire de « définir un cadre final clair aux négociations et d’éviter de retomber dans les communiqués conjoints américano-libanais qui rassemblent des positions contradictoires ».
Alors que le Liban-Sud est toujours bombardé par l'armée israélienne qui y occupe plus de 600 kilomètres carrés et des dizaines de villages complètement dévastés, le document prévoyait la poursuite des discussions entre les différentes parties pour établir un « cadre sécuritaire » qui doit notamment garantir « la souveraineté, la sécurité et l'intégrité territoriale du Liban et d'Israël » et comprend notamment « le démantèlement des groupes armés non officiels ainsi que la prévention de leur reconstitution ». Les États-Unis avaient aussi souligné que toute cessation des hostilités devait être conclue directement entre les deux États, sous médiation américaine, « et non par le biais d'un canal parallèle », en allusion à la volonté du Hezbollah et de Téhéran de voir la trêve incluse dans un accord plus large entre les États-Unis et l'Iran.
L'ancien chef du Parti socialiste progressiste a mis en garde contre des négociations menées pour « le simple fait de négocier, à l'instar des accords d'Oslo, ce qui pourrait entraîner la perte d'une partie du Liban-Sud de son patrimoine, de son histoire et de sa population, comme c'est le cas en Palestine », en allusion aux lignes de division de la Cisjordanie occupée par Israël.
Au lendemain de l'accord de cessez-le-feu M. Joumblatt avait estimé dans une interview à L'Orient-Le Jour qu’il existe des « zones d’ombre » qui ternissent encore cette entente. Il a aussi suggéré d’en élargir le spectre en y incluant l’Iran, afin d’assurer la mise en œuvre de l'accord. Parallèlement, dans le camp anti-Hezbollah, on salue l’arrêt des hostilités convenu à Washington, tout en affirmant qu’il doit être accompagné d’un désarmement rapide et efficace du parti chiite.

