Une affiche du président du Parlement, Nabih Berry, à Beyrouth, tandis qu’une autre, à l’arrière-plan, montre Hassan Nasrallah, l’ancien chef du Hezbollah, en mai 2022. Photo AFP/ Louai Béchara
Le moukhtar du village de Baïssariyé (caza de Saïda) Ali Naboulsi a démenti vendredi les informations diffusées par la chaîne saoudienne al-Hadath, selon lesquelles un accrochage aurait opposé dans le village le Hezbollah à son allié chiite, le mouvement Amal, en raison de la présence de lance-roquettes dans des zones résidentielles.
Les abords du village ont été touchés vendredi par une frappe israélienne, alors que des avions de chasse ont menacé et pris pour cible plusieurs localités de la région de Saïda. La chaîne al-Hadath avait diffusé sur ses réseaux sociaux une vidéo montrant une rixe, précisant que l’armée libanaise était intervenue pour mettre fin à l’incident. Elle ajoutait que « le mouvement Amal empêche les activités du Hezbollah sur la berge du fleuve Zahrani et dans le nord de l’Iqlim al-Touffah, au Liban-Sud, afin d’éviter d’être pris pour cible ».
Contacté par notre correspondant Mountasser Abdallah, M. Naboulsi a précisé qu’il s’agissait en réalité d’une altercation individuelle entre deux familles entretenant des différends antérieurs. « Cela n’a strictement aucun lien avec des partis politiques ou des affiliations. Ni le mouvement Amal ni le Hezbollah n’étaient impliqués », a-t-il affirmé. Le moukhtar a également dénoncé ce qu’il a qualifié de « schéma récurrent de désinformation et de campagnes de dénigrement que la chaîne saoudienne ne cesse de promouvoir contre l’environnement de la résistance et la population du Sud ».
Le Hezbollah et le mouvement Amal, principaux partis politiques représentant la communauté chiite au Liban, sont alliés de longue date. Aux premiers jours de la guerre opposant cette année le Hezbollah à Israël, le mouvement Amal s’était opposé à la décision du parti pro-iranien de tirer des roquettes en direction d'Israël. Cependant, au fil de l’escalade, Amal s’est progressivement rallié au Hezbollah et semble avoir révisé sa position sur les activités militaires du groupe, dans un contexte où ce conflit est perçu par certains comme existentiel pour la communauté chiite.

