Une femme se tenant devant un poster géant du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, lors d'une cérémonie à Téhéran, le 4 juin 2026. Photo Majid Asgaripour/WANA (West Asia News Agency) via REUTERS
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a écarté toute possibilité de rencontre, suggérée par Donald Trump, entre le président américain et le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans une interview télévisée diffusée jeudi.
Donald Trump a déclaré mercredi qu'il « aimerait rencontrer » Mojtaba Khamenei, dans un entretien au site du New York Post, au moment où des pourparlers entre Téhéran et Washington pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient piétinent.
« J'ai vu un article dans lequel il laissait entendre qu'il (Donald Trump) était prêt à une rencontre ou qu'il souhaitait organiser une rencontre », a déclaré Abbas Araghchi dans une interview sur la chaîne libanaise Al-Mayadeen, diffusée jeudi. « Mais je pense que nous devons être réalistes », a ajouté M. Araghchi, écartant cette possibilité.
Mojtaba Khamenei a succédé à son père Ali, tué le 28 février au premier jour de la guerre, déclenchée par des frappes israélo-américaines contre sa résidence à Téhéran après plus de 36 ans de pouvoir. Mais depuis sa désignation début mars comme troisième guide suprême de la République islamique, il n'a fait aucune apparition publique, seules des déclarations écrites lui étant attribuées. « Pour des raisons de sécurité, les services de sécurité lui conseillent de ne pas avoir une présence publique plus importante qu'actuellement », a souligné Abbas Araghchi.
Donald Trump a répété ces derniers jours qu'il souhaitait une rencontre avec Mojtaba Khamenei. « J'aimerais le rencontrer. J'adorerais rencontrer tout le monde et nous allons probablement nous rencontrer, selon ce qui va se passer », avait notamment dit Donald Trump au New York Post.
Après 40 jours de bombardements, un fragile cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril entre l'Iran et les États-Unis. Mais les deux belligérants s'accusent régulièrement de violer la trêve, après de nouveaux tirs cette semaine dans le stratégique détroit d'Ormuz.
Abbas Araghchi a appelé les États-Unis à « prendre conscience des réalités de l'Iran », à « changer leur façon de voir les choses » et « adapter leurs relations avec la République islamique d'Iran en tant que puissance régionale, voire au-delà ». Dans cet entretien, le ministre iranien a par ailleurs déclaré qu'il se trouvait lui-même dans la résidence du défunt guide suprême au moment des bombardements du 28 février.

