Des déplaçant étendant leur linge devant leurs tentes, sur le front de mer de Beyrouth, au Liban, le 4 juin 2026. Photo Mohammad Azakir/Reuters
L'ONU a plus que doublé vendredi son appel aux dons pour le Liban, réclamant près de 640 millions de dollars sur six mois, alors que le pays est ébranlé par la guerre d'Israël contre le Hezbollah soutenu par l'Iran.
« La crise humanitaire au Liban est grave et se détériore », a déclaré l'agence humanitaire des Nations unies, l'Ocha, dans un appel d'urgence révisé.
« Les déplacements répétés, la capacité d'hébergement insuffisante et les perspectives limitées de retour en toute sécurité aggravent la vulnérabilité », a indiqué l'Ocha. L'agence onusienne avertit que « les personnes touchées épuisent rapidement leurs capacités d'adaptation et les services essentiels sont soumis à une pression croissante ».
L'ONU avait réclamé 308 millions de dollars en mars pour soutenir une vaste intervention d'urgence menée par le gouvernement libanais jusqu'à la fin mai. Vendredi, elle a estimé que 331,5 millions de dollars supplémentaires seraient nécessaires jusqu'à la fin août.
Seuls 185,9 millions de dollars ont été reçus à ce jour sur l'appel initial, a précisé l'Ocha, ajoutant que ce montant avait permis d'aider environ 680.000 personnes entre le 2 mars et le 31 mai.
L'objectif est désormais de faire plus que doubler ce nombre pour atteindre l'ensemble des 1,4 million de personnes - soit environ un quart de la population - qui ont besoin d'une assistance humanitaire dans le pays, a-t-elle ajouté.
Depuis la reprise de la guerre le 2 mars, au moins 3 526 personnes ont été tuées et 10 733 autres ont été blessées par les bombardements israéliens à travers le Liban.
Depuis, près d'1,2 million de Libanais ont été contraints de fuir leur foyer à travers le pays, tandis qu'un nombre similaire de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, selon l'appel de vendredi.
La pression sur les prix ajoute à la détresse, le coût de l'eau, du carburant et de l'électricité ayant augmenté de plus d'un tiers à l'échelle nationale, et jusqu'à 70% dans les zones touchées par le conflit, a précisé l'agence.
L'Ocha a également mis en évidence la pression exercée par le conflit sur le système de santé au Liban, avec 62 hôpitaux et autres établissements médicaux endommagés ou fermés.
L'éducation souffre également, a-t-elle ajouté, soulignant que près de 450 écoles sont utilisées pour abriter des personnes déplacées, ce qui entraîne une perte d'apprentissage et des risques de décrochage scolaire.

