Une vue par drone montre des navires dans le détroit d'Hormuz, vue depuis Musandam, Oman, le 1er juin 2026. Photo REUTERS/Stringer TPX
Même si la guerre au Moyen-Orient s'arrêtait aujourd'hui, les chaînes d'approvisionnement de l'aide humanitaire mondiale actuellement perturbées ne seraient pas rétablies avant 2027, a prévenu mardi l'Organisation des Nations unies.
Près de 100 jours après les attaques américano-israéliennes du 28 février contre l'Iran qui ont déclenché le conflit, les répercussions s'étendent bien au-delà du Moyen-Orient, a indiqué Jean-Cedric Meeus, responsable du transport et de la logistique pour l'agence onusienne pour l'enfance, l'Unicef. « Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement humanitaire mondiale touchent les enfants partout dans le monde, avec une congestion persistante des routes logistiques et une hausse des coûts », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Genève.
Des semaines de pourparlers indirects entre les États-Unis et l'Iran n'ont pas permis de mettre fin à la guerre ni de rouvrir le détroit d'Ormuz, principal couloir maritime pour le pétrole et le gaz du Golfe. « Ce qui est au départ une perturbation des voies d'accès au Moyen-Orient, au détroit d'Ormuz, se transforme directement en crise humanitaire », a expliqué M. Meeus, s'exprimant depuis Mogadiscio, en Somalie. « Pour l'Unicef, les retards persistants et les coûts opérationnels élevés, qui s'inscrivent dans un contexte de crise mondiale du financement, sont déjà la source de dilemmes ». « Derrière cette perturbation en cascade se trouve une équation simple mais brutale », a-t-il ajouté, chaque dollar supplémentaire dépensé pour le transport signifiant moins d'argent consacré à aider les enfants.
Le responsable logistique a indiqué que la capacité de fret aérien s'était resserrée dans tout le Moyen-Orient, que certaines compagnies aériennes avaient cessé de desservir des destinations africaines et que la congestion portuaire s'étendait à travers l'Afrique. Par exemple, les coûts du fret aérien pour transporter des vaccins de l'Inde vers le Nigeria et la République démocratique du Congo ont augmenté de 50 à 70%, selon M. Meeus.
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que les discussions avec l'Iran avançaient à « un rythme rapide », alors même que Téhéran comptait continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz. Même « si nous parvenons à un accord et que le détroit est rouvert, la situation ne s'améliorera pas avant la fin de l'année » pour les chaînes d'approvisionnement de l'UNICEF, a conclu M. Meeus.


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